Son histoire remonte à la IIIe république. Elle fût inventée par François-vincent Raspail (Carpentras1794-Arcueil-1878), chimiste, médecin et homme politique tout à la fois. C’est l’homme politique qui est honoré à Paris par le boulevard portant son nom. Sa personnalité mérite quelque éclairage. Son père aubergiste à Carpentras l’envoie au séminaire d’Avignon. Exclu pour indiscipline, il est admis au collège de la ville en tant que régent (surveillant). Pendant les Cent jours, il y écrit une ode à la gloire de l’Aigle. Il sera révoqué à la chute de l’empereur. Il vient ensuite à Paris au collège Stanislas dont il sera expulsé pour avoir écrit des pamphlets républicains. En 1821 son livre «Les Missionnaires» fait scandale. En 1822 il commence des études de médecine. Il adhère à la «Carbonara», ce qui lui vaudra d’être emprisonné sous la monarchie de Juillet de 1832 à 1834 pour «offense au roi», ce qui ne l’empêcha pas de créer sa fameuse liqueur médicinale dans un bâtiment de la principale rue d’Arcueil aujourd’hui médiathèque de la ville. A cet emplacement, un de ses fils Émile installa en 1856, une fabrique de droguerie où sont produites les médications élaborées par son père et vendues à Paris. La renommée de la liqueur hygiénique de dessert qui y est mise au point est à l’époque considérable. À la mort d’Émile Raspail, ses frères, Benjamin, puis Xavier et enfin sont petit-fils Julien, docteur en médecine, reprennent l’affaire pour un temps. A partir des environs de 1930, ce sont les établissements Bols d'origine batave qui occupent les lieux. A la fin de la guerre d’Algérie en 1962, les établissements Anis Gras s’y installent.

 

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Son autre fils Benjamin (1823-1899) fut peintre et député de la Seine pour la gauche républicaine. Le 21 mai 1880 il déposa la proposition de loi faisant du 14 juillet la fête nationale afin de commémorer la prise de la Bastille. Cette loi fût adoptée par l’Assemblée le 8 juin puis par le Sénat le 29 juin. Elle sera enfin promulguée le 6 juillet 1880.