Suite au placement en redressement judiciaire du domaine du Closel, les trois héritiers de cet emblème de Savennières, tentent de conserver leur propre domaine malgré l’appétit d’investisseurs extérieurs.
C’est un domaine qui est dans la famille depuis sept générations. Voilà les premiers mots qui viennent à Aloïs et Amaury Bazin de Jessey en évoquant l’événement qui a pris de court l’entreprise familiale il y a quelques mois. Après le décès en 2024 de leur tante Évelyne de Pontbriand, dernière dirigeante du domaine du Closel et illustre figure du vignoble de Savennières, un mandataire a été nommé pour assurer provisoirement la gestion du domaine fondé au XVIIe siècle, car aucun membre de la famille n’était disponible sur place. À cela s’est ajouté le départ en moins d’un an de deux salariées en charge du commercial.
Le chiffre d’affaires a été divisé par deux ou trois, et on ne pouvait plus faire face aux charges, explique Aloïs Bazin de Jessey. Les trois frères, Amaury, Aloïs et Mayeul ont évité de peu la liquidation en recrutant une nouvelle responsable commerciale in extremis, permettant de redynamiser les ventes. Mais le domaine familial, actuellement en redressement judiciaire, n’est pas encore tiré d’affaire car il est soumis à un plan de cession. En effet, n’importe qui peut aujourd’hui faire une proposition de reprise avant l’audience attendue dans les prochaines semaines au tribunal judiciaire d’Angers.
Et les convoiteur de ce petit bout de terroir de 15 hectares sont nombreux : On s’est rendu compte depuis une dizaine d’années qu’on était très approché par des investisseurs des plus grandes familles que vous imaginez dans le vin, françaises et étrangères, affirme Aloïs Bazin de Jessey sans divulguer de noms. Savennières reste l’appellation la plus prestigieuse de Loire et elle est peu vaste. Et en terme de foncier, le potentiel de développement est très important, ajoute-t-il. Le prix des bouteilles s’en ressent, avec un positionnement essentiellement haut de gamme sur l’ensemble de l’appellation.
Les trois frères ne baissent pas pour autant les bras et comptent bien faire valoir leur projet devant le tribunal. Ces derniers ont donc lancé une prévente du millésime 2023 afin de faire connaître leur projet et de montrer leur dynamisme commercial. On a été capable de faire plus de 215.000 euros de chiffre d’affaires en quelques semaines sur internet sans que les gens ne goûtent les vins, renchérit Amaury.
En effet, cette levée de fonds a déjà ému quelque 850 participants. La fratrie a également reçu le fervent soutien de la profession : Ils se rendent compte que ça peut leur arriver. Ça touche l’agriculture en général en France. Ceux qui vont décider demain au tribunal doivent être conscients du choix de société qui est en train d’être fait : soit une entreprise familiale, soit un grand groupe», prévient Aloïs.
Si l’histoire de ce domaine a autant touché, c’est aussi parce qu’il représente un véritable symbole dans la région de la Loire. En effet, Bernard Du Closel, fut cofondateur de l’appellation Savennières dans les années 1950, faisant de la propriété un de ses piliers. Mais la grand-mère des trois frères ayant dirigé le Closel pendant 40 ans est également un personnage clé de l’appellation. En plus de professionnaliser l’affaire familiale en créant une société et en passant des barriques aux bouteilles, cette femme de poigne a opéré des choix forts ayant marqué les esprits.
Comme le raconte Aloïs, son aïeule avait décidé dans les années 1990 de continuer à produire du moelleux et du sec, quand les appellations voisines se départageaient entre les deux productions. Savennières est depuis l’une des rares appellations à avoir maintenu cette polyvalence. C’est une personnalité dont les gens nous parlent encore, notamment dans les courriers qu’on a reçus. C’est tout un phénomène qui a modernisé les domaines, et aujourd’hui on a encore les fruits de son travail, ajoute Amaury. Le trio compte bien s’inscrire dans la continuité de ce succès s’ils obtiennent gain de cause d’ici quelques semaines.
d'après le Figaro
Suite au placement en redressement judiciaire du domaine du Closel, les trois héritiers de cet emblème de Savennières, tentent de conserver leur propre domaine malgré l’appétit d’investisseurs extérieurs.
C’est un domaine qui est dans la famille depuis sept générations. Voilà les premiers mots qui viennent à Aloïs et Amaury Bazin de Jessey en évoquant l’événement qui a pris de court l’entreprise familiale il y a quelques mois. Après le décès en 2024 de leur tante Évelyne de Pontbriand, dernière dirigeante du domaine du Closel et illustre figure du vignoble de Savennières, un mandataire a été nommé pour assurer provisoirement la gestion du domaine fondé au XVIIe siècle, car aucun membre de la famille n’était disponible sur place. À cela s’est ajouté le départ en moins d’un an de deux salariées en charge du commercial.
Le chiffre d’affaires a été divisé par deux ou trois, et on ne pouvait plus faire face aux charges, explique Aloïs Bazin de Jessey. Les trois frères, Amaury, Aloïs et Mayeul ont évité de peu la liquidation en recrutant une nouvelle responsable commerciale in extremis, permettant de redynamiser les ventes. Mais le domaine familial, actuellement en redressement judiciaire, n’est pas encore tiré d’affaire car il est soumis à un plan de cession. En effet, n’importe qui peut aujourd’hui faire une proposition de reprise avant l’audience attendue dans les prochaines semaines au tribunal judiciaire d’Angers.
Et les convoiteur de ce petit bout de terroir de 15 hectares sont nombreux : On s’est rendu compte depuis une dizaine d’années qu’on était très approché par des investisseurs des plus grandes familles que vous imaginez dans le vin, françaises et étrangères, affirme Aloïs Bazin de Jessey sans divulguer de noms. Savennières reste l’appellation la plus prestigieuse de Loire et elle est peu vaste. Et en terme de foncier, le potentiel de développement est très important, ajoute-t-il. Le prix des bouteilles s’en ressent, avec un positionnement essentiellement haut de gamme sur l’ensemble de l’appellation.
Les trois frères ne baissent pas pour autant les bras et comptent bien faire valoir leur projet devant le tribunal. Ces derniers ont donc lancé une prévente du millésime 2023 afin de faire connaître leur projet et de montrer leur dynamisme commercial. On a été capable de faire plus de 215.000 euros de chiffre d’affaires en quelques semaines sur internet sans que les gens ne goûtent les vins, renchérit Amaury.
En effet, cette levée de fonds a déjà ému quelque 850 participants. La fratrie a également reçu le fervent soutien de la profession : Ils se rendent compte que ça peut leur arriver. Ça touche l’agriculture en général en France. Ceux qui vont décider demain au tribunal doivent être conscients du choix de société qui est en train d’être fait : soit une entreprise familiale, soit un grand groupe», prévient Aloïs.
Si l’histoire de ce domaine a autant touché, c’est aussi parce qu’il représente un véritable symbole dans la région de la Loire. En effet, Bernard Du Closel, fut cofondateur de l’appellation Savennières dans les années 1950, faisant de la propriété un de ses piliers. Mais la grand-mère des trois frères ayant dirigé le Closel pendant 40 ans est également un personnage clé de l’appellation. En plus de professionnaliser l’affaire familiale en créant une société et en passant des barriques aux bouteilles, cette femme de poigne a opéré des choix forts ayant marqué les esprits.
Comme le raconte Aloïs, son aïeule avait décidé dans les années 1990 de continuer à produire du moelleux et du sec, quand les appellations voisines se départageaient entre les deux productions. Savennières est depuis l’une des rares appellations à avoir maintenu cette polyvalence. C’est une personnalité dont les gens nous parlent encore, notamment dans les courriers qu’on a reçus. C’est tout un phénomène qui a modernisé les domaines, et aujourd’hui on a encore les fruits de son travail, ajoute Amaury. Le trio compte bien s’inscrire dans la continuité de ce succès s’ils obtiennent gain de cause d’ici quelques semaines.
d'après le Figaro
C’est une histoire de famille, de transmission et de souvenirs d’enfance, comme seul le monde du vin peut en écrire. Un domaine emblématique possédé en deux parts presque égales — tout est dans le « presque » quand il s’agit de savoir qui détient réellement le pouvoir de décision — par deux branches d’une même famille depuis 1794.
Aux commandes depuis 2001, Évelyne de Pontbriand, créatrice de la Paulée d’Anjou, de l’Académie du Chenin, présidente puis coprésidente de l’appellation, est décédée brutalement dans la nuit du 4 au 5 novembre 2024. Comme c’était déjà le cas depuis plusieurs années, les acheteurs se pressent au portillon. Certains étaient même reçus par la maîtresse des lieux. Mais les trois neveux , Amaury, Mayeul et Aloïs Bazin de Jessey actionnaires minoritaires, ne veulent pas vendre, comme leur mère Isabelle avant eux. Par fidélité à leur enfance, à leur grand-mère Michèle de Jessey, première femme à diriger une appellation, et à leur oncle Bernard Barbat du Closel, qui œuvra à la création de l’appellation en 1952 et fut maire de Savennières. Pensez : le domaine, d’un seul tenant, s’appelait alors Château de Savennières et faisait figure de référence absolue de l’appellation.
Ce lundi 2 février, les trois frères ont déposé leur offre de reprise du Domaine du Closel devant le tribunal judiciaire d’Angers. Une étape de plus depuis le décès de leur tante : déclaration de cessation de paiement, mise en redressement judiciaire à l’été 2025, puis demande d’un plan de cession par le mandataire judiciaire.
Ils décident alors de monter un dossier structuré, mobilisant leurs expertises respectives et des experts , précise Aloïs, aujourd’hui directeur Business et M&A du groupe Prisma Media, afin que le domaine reste dans le giron familial. Ils lancent également une campagne prévente sur Ulule, destinée à collecter des fonds, qui a déjà atteint 150 000 €.
Il s’agit de pack de 25 à 5000€ composés de bouteilles de vins, d’expériences œnotouristiques et de la possibilité de créer une cuvée sur mesure en hommage à leur grand-mère. Objectif de l’opération : donner du poids à notre offre de reprise face aux autres candidatures venant de très gros acteurs français ou internationaux maîtrisant leurs circuits de distribution .
En coulisses, de bons connaisseurs du dossier glissent qu’il faudra plusieurs millions d’euros pour remettre à flot ce domaine aux chais vieillissants, qui a même laissé se développer, faute de moyens, quelques hectares de friches. Le pari de la fratrie est-il déraisonnable ?
Notre offre est financée et sécurisée, assure Aloïs pour qui un business plan n’a pas de secret. Nous serons la génération qui investit dans le domaine, avec cœur et compétence. Oui, nous avons un enjeu de plantation. Nous prévoyons de planter entre 0,5 et 1 hectare par an, notamment sur les coteaux historiques du domaine, exposés sud-ouest, visibles depuis le village, mais délaissés car impossibles à travailler avec des tracteurs classiques.
La décision du tribunal tombera dans quelques semaines. En attendant, les préventes se poursuivent et cinq salariés font tourner le domaine.
d’aprèsThierry Masclot
En ce qui me concerne, j'ai toujours estimé que Évelyne de Pontbriand, était la moins bonne viticultrice de cette magnifique appellation .