mes plus belles dégustations oenologiques... ou les pire

02 juin 2021

calendrier des dégustations

                                                                                                                                                                                                Il n'y a pas qu'en Normandie ou dans le pays d'Othe que l'on réalise de bons cidres. Je viens de découvrir  par exemple les cidres du Maine maintenant en AOP :  la ferme du pressoir à 53400-Craon réalise également un pommeau du Maine, une fine  de Poire Williams qui titre donc 40° et qui arrive dans mon trio de tête des poires françaises et un remarquable cidre de glace.

Je prends dès maintenant comme l'an dernier les commandes. Le prix est exceptionnel pour la qualité : eau de vie de poire Williams : 35€ et cidre de glace 25€ (50cl). Pour toute information ou commande : Contactez l'auteur

     

 

           

               juin

        19 & 20  marché fermier boulevard Richard Lenoir

        25 au 27 Pari fermier ferme de Grignan

        28 les vins bio par RVF???

 

                                                                                                                                 

       Paris Food Forum ???

 

              juillet-aout

 

             septembre

               12 au 14 Mondial du fromage Tours

             octobre

 

            18 champagne par RVF

 

             novembre

            15 vins bio par RVF

               19 & 20 les Outsiders chez Yannick Alleno

                29 Les grands crus par RVF

            

             décembre

             3 & 4 Le Grand Tasting Carrousel du louvre

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01 mai 2021

Le domaine Cady ravagé par le feu

Le chai du célèbre domaine Cady, à Saint-Aubin-de-Luigné, a été ravagé par les flammes dans la nuit de jeudi 1er avril au vendredi 2 . La production de vins est détruite.

  • Ils ont beaucoup perdu. Des heures de travail. Mais aussi une partie du patrimoine viticole et de l’histoire familiale qui sont partis en fumée dans la nuit du jeudi 1er au vendredi 2 avril. À l’arrivée des pompiers, appelés à 20 heures, le chai du domaine Cady était entièrement détruit. Le feu risquait de se propager à deux habitations voisines.

Où mettre la prochaine récolte ?

Par chance, aucune victime n’est à déplorer ni humaine ni animale. Au plus fort de l’intervention, 54 sapeurs-pompiers étaient sur place, ainsi que la gendarmerie, Enedis et un élu local. Quatre lances à eau ont été utilisées dont une grande échelle automatique.

L’opération s’est révélée complexe pour les soldats du feu à cause d’un approvisionnement en eau rendu difficile. les flammes ont détruit les productions de vins, le caveau, les caves de vieillissements et un peu de matériel viticole.

Créé en 1927 par la famille Cady, le domaine est désormais dirigé par Alexandre avec Sylvie, sa maman à ses côtés. Philippe Cady, le papa, a pris sa retraite il y a peu. Situé à Saint-Aubin-de-Luigné en direction de Chaudefonds-sur-Layon, le domaine de 28 hectares désormais en bio est notamment célèbre pour ses coteaux du layon ainsi que pour ses sélections de grains nobles. Alexandre Cady est président de la section d’appellation coteaux du layon 1er cru chaume. La perte est immense. Je ne sais pas encore si une partie de notre production est récupérable. Et je ne sais pas non plus où je rentrerai la prochaine récolte, confie le vigneron.

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23 avril 2021

les vins clairs de champagne 2020

Les  journées des vins clairs 2020 n'ayant pu avoir lieu à Reims cette année, l'association  Mains du terroir nous a fait parvenir une quinzine d'échantillons que nous avons testés  à cinq professionnels.

Le coffret se composait de vins clairs de vignerons  dont  5 de Chardonnay, 9 de blanc de noir de Pinot noir, aucun de Pinot Meunier et 1 d'un assemblage de cépages anciens.

Nous les avons dégustés dans l'ordre qui me semblait le plus progressif. qualitativement.

.Marie Copinet à Montgenost (sézannais) : La Grande Montagne, terroir à craie affleurante. Les Chardonnay ont été récoltés le 3 septembre avec un degré potentiel de 10,9° et élevés en fûts de 300 l. Pas grand chose à dire de ce vin d'une banalité moyenne.

. De souza à Avize (côte des blancs) : cuvée Mycorhize, parcelle Haut-Nemery, vinification en levures indigènes sous bois. Réputation justifiée car au dessus de la moyenne. Nez expressif, belle acidité pour un avenir radieux.

. Janisson-Baradon à Epernay ; cuvée Toulette, sur sol sparnacien d'argille et sous sol crayeux; Chardonnay muscaté planté en 1947, vinification en cuve inox sans malo. nez de fleurs blanches,. avenir indécis et pourtant , il est prévu en tant que vin de réserve.

. Philippe Gonet à Le Mesnil sur Oger (cru classé côte des blancs) : assemblage de 3 parcelles sur sol argilo-calcaire, fermentation malolactile en cuve inox; nez floral élégant, bouche citronnée, acidité permettant d'envisager un bel avenir.

.Vazart-Coquart à Chouilly, assemblage de 4 lieudits dont 50% pour la Cerisière, sol brun calcaire sur craie; parcelles d'au moins 50 ans; visuel particulièrement clair, nez de citron et de bergamotte, acidité faible donc pas de longue garde.

Aucun de ces vins ne méritent une attention particulière, alors que dans les blancs de noirs qui cont suivre, 3 producteurs méritent votre attention.

. Paul Déthune à Ambonnay, Les Crayères  : 30 cm de terre au dessus de la craie; vendange du 28 août, moût de 11° avec un ph de 3, élevage en barique champenoise de 205 l. nez très expressif de fruits rouges raffinés; très importante acidité permettant un gros potentiel de garde.

. Maurice Vessellle à Bouzy, Les Hauts Chemins ; vignes labourées, butées et déchaussées; couleur rosé de Provence, nez racé de fruits rouges, belle trame de groseille en bouche, grande acidité et avenir radieux.  UN des  trois de ma sélection.

. Eric Rodez à Ambonnay : Empreinte noire : assemblage d'au moins  8 parcelles, vinification sous bois; nez de melon mûr et fruits jaunes; n'a pas  l'acidité nécessaire pour  attendre les 12 à 14 ans de garde anoncés par le producteur.

. Perseval-Farge à Chamery : La Pucelle  sur sol sablo-limoneux, récolte à 10,8°, nez intense de groseilles, belle acidité donc beau futur. tirage prévu en 2022

. Penet à Verzy : La Croix de l'Aumonier sur craie, vinifié en fûts de chêne de  400 l, nez subtil et élégant de fleurs blanches, en bouche très minéral  mais court, avenir limité par manque d'acidité.

. Lacourte-Godbillon à Ecueil : Les Chaillots sur sol sableux, vendange le 29 août avec un titre de 11,43°, vinification en fûts de 300 l, nez léger de fruits rouges, belle acidité pour le futur.

. Gatinois à Aÿ ; Bonotte & Vauregnier  : assemblage de 2 parcelles, nez avenant avec une très importante acidité gage d'un grand avenir

. Maxime Blin à Trigny : assemblage de 2 parcelles La Croix Mont & Les Chatillons, nez faible et peu avenant, sirupeux et doux en bouche, pas d'avenir.

. Aspasie à Brouillet, Le Walin, asemblage de  40% d'Arbanne, 40% de Petit Meslier & 20% de Pinot blanc. Ces 3 cépages sont rescapés de la période préphylloxérique du XIXe, vinification en cuve inox avec malolactique. Ce vin  particulièrement original est réservé à un public de connaisseurs avec son nez de tisane et fleurs blanches et en bouche une tension de grand avenir.

. Jerome Coessens à Ville sur Arce dans l'Aube,  unique propriétaire du terroir Largilier sur 6,5 ha, il l'a séparé en 4 parties qu'il a nommées ; Minéral, Fruit, Fleur & Matière. Ici, il nous propose un assemblage de Fruits & Fleurs. Un nez explosif mais complexe, un équilibre parfait en bouche avec l'acidité nécessaire. Un très grand avenir à l'image de tout ce qu'il a réalisé avant. comptez 70 Euros mais quel plaisir.

 Si vous souhaitez plus d'information sur le champagne, consultez les articles des 17 avril,   23 septembre et 31 décembre 2012,  23 avril, 9 mai et 16 décembre 2013, 13 août, 24 novembre et 7 décembre 2014, 15 octobre 2015, 29 avril,  14 juillet 2016

reproduction interdite © stackanovins 2021

 Pour plus de détails Contactez l'auteur

 

 

 

 



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09 avril 2021

château Beauséjour héritiers Duffau-Lagarrossechange de mains pour 75 millions €

ce cru classé est remporté pour par Joséphine Duffau-Lagarrosse et la famille Courtin (cosmétique Clarins)


Un appel de candidatures, a permis l’émergence, en toute transparence, de différents projets de reprise qui ont été examinés dans des conditions et avec un traitement identiques indique la SAFER.
La SAFER espère clore la polémique naissante avec la sélection d’une jeune agricultrice issue d’une branche minoritaire des propriétaires du château Beauséjour héritiers Duffau-Lagarrosse.

Nouveau rebondissement dans la série des grands crus classés à Saint-Émilion. Réuni ce 7 avril, le conseil d’administration aquitain de la Société d'Aménagement Foncier et d'Établissement Rural (SAFER) acte la vente du disputé château Beauséjour héritiers Duffau-Lagarrosse (6,75 hectares de premier grand cru classé B). La candidature qui remporte la mise est finalement celle de l’ingénieure agronome et œnologue Joséphine Duffau-Lagarrosse (30 ans, la fille de l’actuel co-gérant Vincent Duffau Lagarosse), soutenue financièrement par la famille Courtin (à la tête des cosmétiques Clarins, dont c’est le premier projet viticole). « Nous prenons acte du choix fait par la SAFER et nous allons poursuivre le processus engagé » indique à Vitisphere Christophe Redaud, co-gérant du château.

Dans un communiqué inhabituel , la SAFER défend une décision « qui favorise à la fois l’installation d’une jeune agricultrice et la pérennité d’une exploitation viticole ». Jouant la transparence, la SAFER indique que son appel d’offre pour racheter la propriété à 75 millions € a recueilli quatre candidatures. Si celle de Stéphanie de Boüard-Rivoal (co-propriétaire et PDG du château Angélus, 27 ha de premier grand cru classé A) avait l’avantage lors du comité technique du 18 mars, la réunion du 7 avril a privilégié celle de Joséphine Duffau-Lagarrosse et de la famille Courtin. La SAFER indiquant « soutenir un projet d’agriculture durable respectueux de la biodiversité » et « maintenir le lien historique entre cette exploitation viticole et l’un des membres de la famille Duffau-Lagarrosse ».

Huitième génération
Joséphine Duffau-Lagarrosse sera en effet la représentante de la huitième génération familiale à piloter le domaine (la propriété appartenant à la famille depuis 1847). N’ayant pas présenté de projet de reprise lorsque les 32 actionnaires familiaux ont décidé de vendre la propriété, l’ingénieure agronome et œnologue de Bordeaux a réussi à trouver un investisseur lui permettant de monter un dossier d’installation. De quoi faire grincer des dents pour un autre dossier candidat : celui de la famille Cuvelier (propriétaire du clos Fourtet, 20 ha de premier grand cru classé B).

Initialement choisi le 7 novembre 2020 par 92 % des propriétaires du château Beauséjour héritiers Duffau-Lagarrosse, le projet de la famille Cuvelier était d’installer un Jeune Agriculteur, Grégoire Pernot du Breuil. La famille Cuvelier n’a pu être contactée pour réagir, mais ne cachait pas son incompréhension cette fin mars face au processus d’appel d’offres de la SAFER, remettant en cause leur « victoire à la loyale » pour la reprise du domaine.

 

"5 contentieux annuels"

Semblant prévenir toute velléité de poursuite judiciaire, la SAFER précise dans son communiqué qu’elle « analyse en moyenne 3 500 candidatures par an pour retenir finalement 1 800 projets. Ces arbitrages parfois difficiles ne génèrent en moyenne que 5 contentieux annuels dont la très grande majorité se solde à l’avantage de la Safer. »

Contactées, Joséphine Duffau-Lagarrosse et Stéphanie de Boüard-Rivoal ne souhaitent pas commenter.

 Joséphine Duffau-Lagarrosse ne travaille pas actuellement pour le domaine familial, mais est la directrice technique du château les Grands Chênes (Haut-Médoc, groupe Bernard Magrez).

d'après Vitisphère

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04 avril 2021

Le Champagne dans le monde

Les dix premiers pays dans le monde sur les plus grands marchés en 2020 (en valeur par rapport à 2019)

1. Etat-Unis : 20,8 millions de bouteilles pour 501,8 millions d’euros (évolution en volume/2019 -18,8%, évolution en valeur/2019 -24,6%)

2. Royaume-Uni : 21,2 millions de bouteilles pour 338,2 millions d’euros (évolution en volume/2019 -21,7%, évolution en valeur/2019 – 21, 9%)

3. Japon : 10,8 millions de bouteilles pour 270,7 millions d’euros (évolution en volume/2019 -24,5% évolution en valeur/2019 – 23,7%)

4. Allemagne : 10,1 millions de bouteilles pour 167,3 millions d’euros (-13,2 %, -17,7%)

5. Italie : 6,9 millions de bouteilles pour 146,7 millions d’euros (-17,3%, -17,2%)

6. Belgique : 8,9 millions de bouteilles pour 142 millions d’euros (-1,9%, -4,3%)

7. Australie : 8,5 millions de bouteilles pour 126 millions d’euros (+11,2%, +11,1%)

8. Suisse : 4,8 millions de bouteilles pour 94, 7 millions d’euros (-10,3%, -21,7%)

9. Espagne. 3 millions de bouteilles pour 59,8 millions d’euros (-30,3%, -35,3%)

10. Suède : 3,2 millions de bouteilles pour 54 millions d’euros (+1%, -0,2%)

Sans oublier la Chine, Hong-Kong et Taïwan, qui se situent entre la 7ème et la 8ème place, avec 3,5 millions de bouteilles pour 98,5 millions d’euros (-14,1%, -0,7%).

d'après Le Figaro

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22 février 2021

Saint-Émilion ouvre le ban du classement 2022


La procédure de rédaction du nouveau cadre de classification de la rive droite est lancée par l’INAO, avec une première réunion d’information posant les défis à relever en deux ans.

Le calendrier prévisionnel étant fixé, la course contre la montre est lancée pour les crus de la rive droite bordelaise. Ce 14 janvier, une réunion d’information et des adhérents du Conseil des Vins de Saint-Émilion ouvre les débats devant aboutir au prochain classement décennal des vins de Saint- Émilion avant les vendanges 2022. Portée par l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO*), la première proposition de règlement de nouvelle classification doit être étudiée par le conseil d’administration du Conseil des Vins de Saint-Émilion ce 28 janvier. Afin que le prochain comité national des AOC viticoles puisse s’y pencher le 6 février prochain à Paris, puis qu’un arrêté homologuant le règlement du classement soit pris en mars, que les marchés publics sur les dégustations et les contrôles soient ouverts en avril, que la commission de classement soit désignée en juin….

Courts, ces délais de lancement paraissent d’autant plus tendus que les enjeux sont grands. En l’état, la rédaction du nouveau projet de règlement pour 2022 reprendrait l’essentiel de l’arrêté du 6 juin 2011 ayant défini le classement de 2012. Ce dernier fait toujours l’objet d’une procédure de contestation devant le Conseil d’Etat par trois propriétés non-classées. Pour les partisans du classement de 2012, les validations du dispositif de « liste ouverte » sans hiérarchie par le Tribunal Administratif en 2015 et la Cour Administrative d’Appel en 2019 démontrent que cette nouvelle approche a résisté à l’épreuve du feu. Pour les opposants au classement de 2012, il existe toujours un risque d’invalidation de cette base juridique par le Conseil d’Etat et l'INAO devrait revoir intégralement sa copie.

Pondération des dégustations

Apportant des précisions juridiques, le projet de règlement pour 2022 de l’INAO introduirait quelques évolutions ressemblant à des améliorations face aux critiques formulées depuis 2012 (notamment dans Vino Business de la journaliste Isabelle Saporta). La pondération des dégustations sur les notes des premiers crus classés passerait ainsi de 30 à 50 % de l’évaluation (avec 35 % pour les facteurs de notoriété, 10 % pour la caractérisation du terroir et 5 % pour les pratiques vitivinicoles), tandis que la note de dégustation la plus basse serait désormais neutralisée (pour le calcul de la moyenne de dégustation). Sans que cela soit indiqué dans le projet d’arrêté, la future procédure devrait également fournir en amont la grille de notation aux propriétés candidates et leur donner plus de temps.

Clivante, la question du nouveau classement attise les positions diamétralement opposées : allant de ceux ne souhaitant pas sa réouverture alors que les conflits judiciaires ne sont pas purgés, à ceux demandant que tout soit remis à plat, avec une refonte intégrale du concept même de classement. Ces postures varient clairement selon le classement, ou non, de chacun, l’intérêt individuel n’étant jamais loin quand il s’agit de patrimoine collectif. Devant franchir la ligne en 2022, la course du classement de Saint-Émilion ne se fera pas sans obstacles pour ses participants, et ses arbitres.

Pour éviter toute critique de parti-pris et soupçon d’interférence, le Conseil des Vins de Saint-Émilion se garde prudemment à distance du processus de relance du classement décennal.

 

d'après Alexandre Abellan de Vitisphère
 

 

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Le vignoble de Savoie va tester 7 anciens cépages en AOC

 

Aux 22 cépages actuellement inscrites dans ses cahiers des charges, la Savoie va ajouter 7 variétés anciennes à titre expérimental.
L’INAO souhaite autoriser les vignerons savoyards à déployer sept variétés autochtones oubliées pour suivre leurs capacités d’adaptation au changement climatique.

Ce 11 février, le comité national des appellations d’origine relatives aux vins de l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO) valide la demande d’inscription de sept Variétés à Fin d’Adaptation (VIFA) au cahier des charges des vins de Savoie. « L’INAO donne cette chance de tester de nouveaux cépages (pendant 10 ans avec une limite de 5 % des surfaces et de 10 % des assemblages pour les domaines participants). Nous avons sauté sur l’occasion » rapporte Alexis Martinod, le directeur du syndicat régional des vins de Savoie.

Misant sur d’anciens cépages historiques (Bia blanc, Corbeau/Douce Noire, Dousset, Hibou Noir, Mondeuse Grise, Petite Sainte-Marie et Pinot Gris), le vignoble savoyard allie valorisation d’un patrimoine ampélographique et expérimentation face aux défis du changement climatique. « En tant qu’ODG (Organisme de Défense et de Gestion), il est capital d’anticiper d’éventuelles modifications de cahier des charges avec l’introduction de nouveaux cépages, comme ce sont des démarches extrêmement longues » précise Alexis Martinod.

La procédure va en effet s'étaler dans le temps, entre les démarches administratives (une Procédure Nationale d’Opposition va être lancée pour deux mois), la construction d’un approvisionnement par les pépiniéristes (avec un matériel végétal rare) et la mise en plantation par des vignerons (certains pionniers en possédant déjà, pour des cuvées en vin de France).

Données ampélographiques

Ayant déjà reçu la candidature de viticulteurs volontaires, le syndicat viticole continue de recruter en s’appuyant sur les données recensées par l’ampélographe Taran Limousin au sein de l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV, pôle Bourgogne, Beaujolais, Jura et Savoie). S’appuyant sur les collections du Centre d’Ampélographie Alpine Pierre Galet (conservatoire de cépages rares œuvrant à leurs inscriptions au catalogue national des vignes) et les microvinifactions réalisées par la Sicarex Beaujolais (centre de recherche viti-vinicole), Taran Limousin souligne que les sept cépages qui vont être testés sont déjà bien connus en Savoie .

Les cause d’oubli de ces cépages anciens sont multiples, de la crise phylloxérique au choix de variétés plus riches en sucres et précoces. Avec l’évolution climatique, actuelle et future, les cépages tardifs redeviennent intéressants s’ils n’ont pas de tares particulières. « Il y a un intérêt patrimonial dans la préservation des cépages savoyards qui présente un intérêt technique pour changement climatique » résume Taran Limousin, qui note que le vignoble de Savoie avait déjà un choix large en matière d’encépagement.

"Vraie richesse"

Avec 22 cépages inscrits dans son cahier des charges, les AOC de Savoie ne manquent en effet pas de possibilités. « C’est une vraie richesse, qui est sans doute à retravailler dans la visibilité et le discours » esquisse Alexis Martinod. L’enrichissement de l’encépagement savoyard pouvant par exemple réduire la production de cuvées en monocépages et développer les assemblages. Des pistes de réflexion pour les prochaines années, un protocole VIFA étant conçu sur dix années (une durée renouvelable).

Avec 9 cépages rouges (Cabernet franc, Cabernet sauvignon, Etraire de la Dui, Gamay, Joubertin, Mondeuse, Persan, Pinot, Servanin) et 13 cépages blancs (aligoté, altesse, chasselas, chardonnay, gringet, jacquère, marsanne, molette, mondeuse blanche, roussanne, roussette d’Ayze, verdesse et velteliner rouge).

Le portrait-robot des 7 cépages candidats par Taran Limousin

Bia Blanc : un cépage qui était autrefois très connu en Isère. Il a également été retrouvé à Apremont sous le nom de Muscat. Il permet d’élaborer des vins blancs riches, équilibrés et très aromatiques (fleur d’oranger, fruits à chair jaune).

Corbeau/Douce Noire : cépage ancien de Savoie, qui permet d’élaborer des vins colorés, peu alcoolisés et peu acides. Il était autrefois utilisé en assemblage avec le Persan et la Mondeuse. Il a longtemps été le cépage principal d’Argentine, sous le nom de Bonarda.

Dousset : il était également appelé Jacquère Noire. Il était cultivé autour de Villard d’Héry et a également été retrouvé à Chignin. Il permet d’élaborer des vins rouges légers.

Hibou Noir : il est également appelé Avana dans le Piémont en Italie, il était cultivé en Savoie notamment dans la Tarentaise. C’est un cépage à gros grains, tardif. Ses vins étaient réputés légers et fruités.

Mondeuse Grise : la variété est issue d’une mutation de la Mondeuse Noire. Elle permet d’élaborer des vins rosés équilibrés et aromatiques.

Petite Sainte-Marie : un cépage autrefois cultivé autour de Chignin. Cépage précoce, il permet d’élaborer des vins aromatiques (floral, miel).

Pinot Gris : il était cultivé en Savoie sous le nom de Malvoisie.

d'après Alexandre Abellan de Vitisphère

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20 février 2021

les champagnes Gratiot Delugny misent sur un encépagement original pour se différencier

Allouant 10 % de son vignoble à des variétés minoritaires, les champagnes Gratiot Delugny misent sur un encépagement original pour se différencier.

« Nous sommes convaincus que l’avenir des petits producteurs se trouve dans leur originalité et la qualité » pose Céline Larose, la responsable marketing et commerciale des champagnes Gratiot Delugny (exploitant 10 hectares de vignes à Crouttes-sur-Marne). Bien loti en matière d’originalité variétale, ce récoltant-manipulant exploite 30 ares de petit meslier (plantés en 2008), 30 ares de pinot gris (plantés en 2016) et 30 ares de pinot blanc (plantés en avril 2021).

Explorant un triptyque alternatif à la trinité champenoise dominante (99,7 % du vignoble est recouvert de chardonnay, pinot noir et pinot meunier), le domaine Gratiot Delugny s’appuie sur l’intérêt précoce de son propriétaire, David Gratiot, pour les cépages originaux. Âgé de 14 ans, il aurait commencé à sélectionner et multiplier des pieds de petit meslier trouvés dans la propriété. Cette diversification s’appuie sur « un intérêt personnel pour comprendre les techniques anciennes, et un certain goût du challenge, ces cépages étant plus difficiles à cultiver (d’où leur abandon par les générations précédentes) » souligne Céline Larose.

"Goût inédit et un peu salé"

Si la parcelle de pinot gris vient de donner sa première récolte qualitative en 2020, celle de petit meslier voit ses premiers champagnes commercialisés. Lancée pour les fêtes de fin d’année dernière, la cuvée Bulles d’Avenir millésime 2012 affiche un profil atypique et 100 % Petit meslier. « Nous sommes très fiers de cette cuvée qui dénote des goûts complètement différents des autres champagnes » indique Céline Larose, notant un caractère acidulé et une minéralité adoucie par la vinification en fût de chêne (une signature de David Gratiot). Avec ce « goût inédit et un peu salé », cette cuvée de cépage ancien vise la restauration avec un prix de vente de 79 € TTC.

L’Arbane, le sixième, et dernier, cépage autorisé en AOC Champagne n’est pas envisagé par le domaine. « Nous trouvons peu d’intérêt gustatif à son raisin, mais nous ne sommes pas fermés à de nouvelles évolutions » conclut Céline Larose.

d'après Vitisphère

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05 février 2021

Les vins du Médoc veulent goûter à quatre nouveaux cépages

« Le changement climatique ne se joue pas que sur le cépage, mais aussi sur le porte-greffe » rappelle la pépiniériste Alexandra Lusson, ce 2 février à la maison des vins de Pauillac Le syndicat viticole médocain demande l’inscription de quatre variétés dans son cahier des charges pour étudier de potentielles adaptations au changement climatique. Un projet collectif qui résonne avec les essais menés depuis 2014 au sein du château La Tour Carnet.

Face au changement climatique et à la demande de vins moins alcoolisés, est-ce que l’Arinarnoa, le Castet, le Marselan et le Touriga nacional deviendront les nouveaux Cabernet sauvignon et Merlot du vignoble médocain ? « On voit que le climat évolue. Est-ce que les cépages doivent évoluer ? On ne peut pas dire de quoi sera fait l’avenir » esquisse prudemment le viticulteur Sébastien Couthures, qui préside la commission technique du syndicat viticole des AOC Médoc, Haut-Médoc et Listrac-Médoc. Organisant 10 sessions de dégustation de nouveaux cépages auprès de 108 vignerons ce début février, l’Organisme de Défense et de Gestion (ODG) ne donne pas de réponses à ses adhérents, mais leur ouvre la boîte à outil des adaptations viticoles au changement climatique.

En décembre 2020, le conseil d’administration de l’ODG a validé la demande d’inscription à son cahier de charges de quatre Variétés d’Intérêt à Fin d’Adaptation (VIFA). Déjà autorisés à titre expérimental dans l’AOC Bordeaux, ces cépages demandés sont l’Arinarnoa (croisement de Tannat et de Cabernet sauvignon), le Marselan (croisement de Grenache et de Cabernet sauvignon), le Castet (cépage oublié de Bordeaux) et le Touriga nacional (variété portugaise). Cette proposition doit être étudiée par l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO), avec une validation d’ici 12 à 18 mois espère Hélène Larrieu, la directrice de l’ODG.

Susciter les expérimentations

Présentant à la maison des vins de Pauillac de premiers échantillons de ces vins de nouveaux cépages, le syndicat viticole espère démontrer leurs potentiels et susciter des vocations d’expérimentateurs parmi ses adhérents. D’autant que les essais de VIFA en AOC imposent un cadre spécifique : une durée de 10 années renouvelable, une limitation à 5 % des surfaces viticoles, un suivi technique poussé, des vinifications/élevages séparés et une proportion de vin dans l’assemblage AOC limité à 10 %.

Si ces contraintes administratives peuvent limiter les candidatures, ce recrutement peut s’appuyer sur les premières cuvées réalisées avec ces nouveaux cépages sur le terroir médocain. Ayant plusieurs coups d’avance, le château La Tour Carnet (190 hectares de grand cru classé en 1855, groupe Bernard Magrez) a commencé à planter des cépages exotiques pour le Médoc dès 2014. Avec une collection de 77 cépages (Gamay, Nero d’avola, Pinot noir, Syrah, Tempranillo…), « je dois être le seul directeur de château du Médoc à ne pas savoir les cépages qu’il a planté » plaisante Alix Combes, qui gère le plus vaste cru classé de la rive gauche.

"Nous ne sommes pas un vignoble expérimental"

Grâce à cette antériorité, le château La Tour Carnet a fourni des cuvées d’Arinornoa, de Marselan et de Touriga nacional aux dégustations de l’ODG. Aucune bouteille de Castet n’a pu être présentée, les 190 pieds plantés étant trop peu productifs sur les deux derniers millésimes (une question de taille trop courte pourrait être en cause, avance Hélène Larrieu). Rapportant que l’Arinarnoa est très tannique et que le marselan est particulièrement aisé à conduire, Alix Combes souligne que le Touriga nacional présente l’avantage d’un faible degré alcoolique. Un manque de maturité pouvant signifier un intéressant potentiel d’adaptation.

Présentant ces premiers résultats, « nous ne sommes pas un vignoble expérimental » précise Alix Combes, qui souligne les moyens et objectifs de production du château La Tour Carnet. De quoi donner des éléments d’adaptation concrète aux vignerons intéressés par ces nouveaux cépages. « Cette expérimentations n’est pas que pour nous. Le château La Tour Carnet est ouvert, la parcelle est à droite de l’entrée » lance Alix Combes. « Le projet a vocation à être diffusé » confirme Julien Lecourt, le responsable R&D du groupe Bernard Magrez, qui inscrit le projet de collection dans la durée. A la fois pour planter de nouveaux cépages et sélectionner les plus intéressants.

Cépages résistants

La palette des cépages candidats ne cesse de croître avec le développement de variétés résistantes au mildiou et à l’oïdium. En témoignent les échantillons de vins de merlot khorus et volos proposés à la maison des vins de Pauillac par la pépiniériste Alexandra Lusson (VCR). Il s’agit de « variétés autochtones améliorées » grâce à des hybridations de cépages résistants et locaux pour « sortir des variétés résistantes qui ressemblent aux cépages connus ».

L’INAO limitant le nombre de VIFA à 10 cépages par couleur dans une AOC, l’ODG Médoc peut encore inscrire 6 nouveaux cépages à l’avenir. Sont également évoqués les variétés portugaises Tinta cão et Touriga franca, qui devaient être proposées fin 2020, « mais elles ne sont pas inscrites au catalogue national » indique Hélène Larrieu, qui souligne que cela pourrait changer prochainement (des essais ayant lieu au sein du programme Vitadapt). De quoi répondre aux interrogations du terrain face aux effets d’un changement climatique visible à l’œil nu. « En vingt ans, on a vu l’évolution du cabernet sauvignon, plus mur et avec moins de pourriture grise » conclut Sébastien Couthures

L’idée de tester des cépages plus adaptés au changement climatique aurait germé dans l’esprit du propriétaire du château Latour Carnet, Bernard Magrez, quand plusieurs cuves de son cru classé de Saint-Emilion, le château Fombrauge, affichaient des teneurs en alcool de 16°.alc rapporte Alix Combes.

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27 janvier 2021

Le vin passe à l’orange

Redécouvertes il y a une dizaine d’années, les cuvées orange séduisent de plus en plus les amateurs de crus singuliers et de pureté.

La mode est venue, comme souvent, de New York. Les vins orange ont fait leur apparition dans quelques restaurants branchés, souvent amateurs de naturalité, d’originalité. Depuis, ce sont les connaisseurs qui s’y intéressent, et ils intriguent les néophytes."C’est quelque chose qui pique la curiosité, car le mot “orange” interpelle entre blanc, rosé, rouge, jaune…", reconnaît Marco Pelletier, patron du restaurant Vantre à Paris et ancien chef sommelier du Bristol. Pas facile pour autant d’expliquer ce qu’est un vin orange.
"Le terme n’est pas sexy, mais je préfère parler de vin de macération", ajoute Marco Pelletier. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : des raisins blancs vinifiés comme des rouges et qui macèrent en grappes entières, de quelques semaines à plusieurs mois. Ce sont les rafles et les pellicules des peaux qui lui confèrent cette couleur si particulière, ainsi qu’une extraction des tanins présents dans le vin blanc. Après vieillissement – et donc oxydation -, on obtient des vins à la couleur plus ou moins orangée, d’où leur nom. Et la méthode n’a rien de moderne : déjà, il y a six mille ans, des vignerons géorgiens procédaient de la même façon. À l’époque, il s’agissait surtout de garantir une meilleure conservation aux jus qui vieillissaient dans des sortes de jarres en argile dont l’intérieur était recouvert de cire d’abeilles pour garantir leur étanchéité, les qvevri. La tradition s’est perpétuée pendant des millénaires et les Russes se réservaient la quasi-totalité de la production. Il faudra attendre le conflit qui opposera la Russie et la Géorgie, dans les années 2000, pour que les producteurs cherchent d’autres destinations pour vendre leurs crus.


Quelques producteurs italiens se sont très tôt mis à produire des vins orange, plus particulièrement des domaines de la région frontalière entre Frioul et Slovénie. Un des pionniers, Josko Gravner, désirait revenir aux origines géorgiennes de la méthode de vinification et a ainsi commencé à produire du vin orange à Oslavia, dès les années 1990. Il sera rapidement suivi par Dario Princic, toujours dans le Frioul, Elena Pantaleoni en Émilie-Romagne ou Elisabetta Foradori dans les Dolomites.
En France, le phénomène est plus récent, mais de nombreux vignerons se lancent dans l’aventure du vin orange avec passion. "De plus en plus produisent des vins de macération, mais attention à ne pas trop pousser, prévient Marco Pelletier. Certes, cette méthode permet de conserver le vin, mais certains défauts, comme des acides volatiles, peuvent apparaître avec le temps. La macération ne doit pas se faire à n’importe quel prix ; il faut respecter l’aromatique du cépage. Ces vins sont plus des signatures des vignerons que l’expression de terroirs."
Emmanuel Clavier, du domaine des Grandes Espérances, en Touraine, s’est lancé il y a trois ans après avoir goûté des vins orange en Italie. Après un test mitigé sur du sauvignon, il a choisi le chenin comme cépage pour sa cuvée Le Génie Orange. "On vendange très mûr, on n’égrappe pas et on met à macérer les raisins dans de petits contenants pendant trois à quatre mois, avant de laisser le vin vieillir au moins six mois en jarre en terre cuite et en fût, décrit-il. On cherche à faire un vin avec une belle amertume et des tanins pas trop secs. C’est pour cela qu’il faut des raisins mûrs et pas trop d’extractions."
Sur le premier millésime (2016), Emmanuel Clavier n’a produit que 2 000 bouteilles, mais, devant le succès de sa cuvée, il devrait en sortir 9 000 pour le millésime 2019. Une belle progression, même si le marché des vins orange en France reste un marché de niche.
"Il est rare qu’un client qui n’a jamais goûté ce genre de vin en commande dès le départ", précise Marco Pelletier. De son côté, Samuel Jacq, sommelier au Bon Saint-Pourçain, à Paris, reconnaît avoir de plus en plus de demandes dans son restaurant. "Mais il faut que ces vins correspondent à des appellations qui rassurent et tapent dans l’œil des clients." Il compte ainsi proposer un vin orange du château Cazebonne, dans les Graves : "Une production à l’ancienne de macération sur des sémillons, que je suggérerai au verre pour accompagner des desserts, des fromages." "La capacité d’adaptation des vins orange avec les fromages est sans comparaison, confirme Marco Pelletier. Ils sont très intéressants avec une vieille mimolette, mais ils peuvent aussi accompagner des plats asiatiques, comme un curry, à condition qu’ils ne soient pas trop ­épicés."
Alors, l’orange va-t-il devenir la quatrième couleur du vin, à côté des blancs, rouges et rosés, ou va-t-il rester un cru de niche pour connaisseurs ? "La demande reste minime, mais de plus en plus de chefs, proches de la nature, sont intéressés par ces vins qui sortent des accords classiques. Cela permet de bousculer le client, de le surprendre agréablement", explique Antoine Arraou, du château Lafitte, à Jurançon.
"La culture œnologique progresse grandement et les clients sont de plus en plus intéressés par les questions techniques. Les vins orange deviendront une référence de plus sur les cartes dans les prochaines années", résume Marco Pelletier.


La sélection du Figaro
Saumur
Terres 2018, domaine des Roches Neuves
. Cette cuvée est une merveille. Les chenins ont macéré pendant huit mois sur peau en amphore italienne, avant de vieillir douze mois en fûts. Le résultat est d’une fraîcheur et d’une complexité incroyables avec des arômes de poire cuite, d’écorce d’orange. La bouche est ronde, avec des notes de fruits blancs et une structure tannique très élégante.
roches.neuves.accueil@orange. : 47 €
Note Le Figaro : 18/20
Chablis Amphore 2018, château de Béru
Six semaines de macération et un vieillissement en jarres donnent un vin confituré, concentré et puissant. Beaucoup de matière et de soyeux en bouche, avec une trame aromatique riche et dense.
athenaisdeberu@gmail.com
Prix : 35 €
N ote Le Figaro : 16/20
Côtes-Catalanes
Jasse 2019, domaine Gauby 
Mariage de muscats à petits grains et d’alexandrie ayant macéré pendant trois semaines, ce vin est tout en subtilité. Fruité et floral au nez, il dévoile toute sa complexité en bouche. Agrumes, rose ­séchée, verveine et citronnelle composent un bouquet raffiné. L’ensemble est porté par une très belle fraîcheur et une finale salivante.
domainegauby@outlook.fr
Prix : 18 €
Note Le Figaro : 16,5-17/20
Vin de France
Orange 2018, château Lafitte Le petit manseng de Jurançon donne ici un vin très gourmand et rond, au bouquet aromatique sur des notes miellées. La bouche est bien tendue, minérale avec une finale salivante.
https://chateau-lafitte.com/
Prix : 44 €
Note Le Figaro : 16,5/20
Alsace
Orange volcanique 2018, domaine Bohn
 Après une macération de 12 mois sur baies entières dans de vieilles barriques, cette cuvée offre une robe d’une couleur orange assez incroyable. La palette aromatique marie le thé noir Pu Erh et l’églantine à des notes plus gourmandes. L’orange confite, la tarte Tatin enrobent le palais, tendues par une belle minéralité persistante et des tanins suaves. bohn.bernard@gmail. : 29,50 €
Note Le Figaro : 16-16,5/20
Sicile Krimiso 2017, Aldo Viola
Surnommé le Picasso du vin, Aldo Viola signe ici une bouteille magnifique. Le cépage catarratto se fait à la fois suave et charmeur, avec des notes florales douces, tout en gardant son caractère et sa fraîcheur. L’ensemble est ultra séducteur et pourra attendre quelques années.
https://soifdailleurs.com/
Prix : 36 €
Note Le Figaro : 18/20
Géorgie
Rkatsiteli-Mtsvane 2017, Bruale
 Six mois de macération en qvevri ont apporté à ce vin une belle robe cuivrée. Les fruits secs (raisin de Corinthe, abricot, noisette) explosent au nez tandis que la bouche est d’une densité et d’une expressivité remarquables. Les tanins soutiennent une finale élégante. www.soifdailleurs.com
Prix : 26 €
Note Le Figaro : 17/20
Abruzzes
Lama Bianca 2017, Feudo d’Ugni
. Ce 100 % trebbiano s’ouvre sur des notes de pomme, de fleurs blanches et de silex. La bouche est parfaitement équilibrée, avec une trame sapide et une fraîcheur intense, qui apporte une belle émotion. .whisky.fr
Prix : 28,50 €
Note Le Figaro : 16,5/20
Slovénie
Lunar 2016, Movia
Assemblage des deux principaux cépages de cette région transfrontalière entre Slovénie et Italie (la ribolla et le chardonnay), ce vin intense, puissant et riche, révèle une bouche charnue, crémeuse et une finale légèrement fumée.
www.idealwine.com
Prix : 40 € (1 litre) Note le Figaro : 16/20
République tchèque
Herr Gewürtz 2019, Krasna Hora Un vin délicieusement fruité, sur des notes de pomme et poire confites, avec une touche d’ananas. Très délicat en bouche, il laisse une sensation de fraîcheur et de fleurs blanches miellées. La finale est soyeuse et sapide.
www.soifdailleurs.com Prix : 15 € Note Le Figaro : 15/

d'après Béatrice Delamotte  Le Figaro

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Lavinia ferme son magasin à Paris La Madeleine

Après avoir tiré le rideau de son magasin dans le quartier d’affaires de La Défense, l'enseigne renonce à sa vitrine historique dans les quartiers chics de Paris. Un échec qui éclaire la mutation du marché de la vente de vin, très perturbé par la Covid.
 
C’est assurément une mauvaise nouvelle, qui montre la fragilité des métiers du vin en ces temps de Covid et qui va faire grand bruit : le magasin Lavinia, l’emblématique caviste du boulevard de la Madeleine, a fermé ses portes samedi 9 janvier au soir. L’une des plus belles vitrines du vin à Paris tire le rideau, après vingt années d’un travail ambitieux pour porter haut la réputation des meilleurs vins français et étrangers dans la capitale. Le bilan est lourd en termes d'emplois : 19 des 40 employés du magasin sont licenciés. Que s’est-il passé ? Après des débuts difficiles en termes de rentabilité, l’enseigne créée en 1999 par Thierry Servant, ex-patron de L’Oréal Espagne et son associé Pascal Chevrot, avait fini par afficher des performances remarquables : près de 40 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015 dont 17 millions pour le seul magasin de la Madeleine, son flagship. Dès sa création, Lavinia Madeleine avait vu grand et étonné Paris, proposant dans ses rayons 3000 références de vins français et surtout 2000 références de vins étrangers, une ouverture au-delà de nos frontières totalement inconnue en France à l’époque. Sous la direction de Yannick Branchereau, fils de vigneron angevin formé à la vente chez Castorama et recruté comme directeur général dès l’origine, l’enseigne avait développé une remarquable culture de la diversification permanente. Ouverture d’un restaurant où l’on pouvait boire n’importe quelle bouteille du magasin sans droit de bouchon (jusqu’à 2 millions d’euros de chiffre d’affaires par an), développement d’un rayon spiritueux très rentable, distribution de vins auprès des restaurants via la filiale Vins du Monde, cadeaux d’entreprises, box cadeau pour les particuliers, ventes en ligne, livraisons à domicile dans l’Ouest de Paris, ouverture de magasins à Madrid, Barcelone, de franchises en Ukraine à Kiev et Odessa, filiales à Hong Kong, implantation à La Défense, distribution pointue avec le rachat de la cave Augé boulevard Haussmann… l’enseigne innovait chaque année, avec un certain bonheur. Le groupe a employé jusqu’à 150 personnes, dont 60 dans le magasin de la Madeleine (avec le restaurant). En 2012, Thierry Servant et Yannick Branchereau avaient été élus cavistes de l’année par La RVF. Les deux hommes cultivaient une réelle complicité.
 
Et puis survint le drame. Le 28 décembre 2016, en Suisse, l’industrieux Thierry Servant chute lors d’une ballade en montagne se tue à l’âge de 64 ans. Sa fille Charlotte, héritière de 31 ans, diplômée d’histoire et de droit public, décide de reprendre les commandes du groupe avec son mari Matthieu Le Priol, un ancien des sondages (TNS, Harris) devenu responsable marketing dans l’industrie cosmétique, chez Nestlé Skin Healthcare. Deux parcours très éloignés du milieu du vin dans un contexte difficile : les relations de Charlotte et de son père étaient notablement distendues depuis plusieurs années. Dix-huit mois plus tard, Charlotte écarte Yannick Branchereau, qu’elle remplace par son jeune mari à la direction générale. Quelques mois plus tôt, le groupe avait dû se séparer de l’acheteur vin charismatique de l’enseigne, grand pourvoyeur de marge, également aux commandes des caves Augé, condamné pour harcèlement et agression sexuelle. 
Matthieu Le Priol a été nommé directeur général de Lavinia en 2017 par son épouse Charlotte Servant.
Dès lors les mauvaises nouvelles s’enchaînent pour Lavinia. Le chiffre d’affaires chute de près de 30% l’année suivante. Et le loyer important dans le quartier de la Madeleine (plus de 1,2 million d’euros par an) pèse trop lourd lorsque éclatent les manifestations des gilets jaunes dans les beaux quartiers puis le Covid, qui font dégringoler la fréquentation du magasin. Le Covid, justement, a aussi coupé le robinet des touristes étrangers en visite à Paris et friands de flacons iconiques, qui représentaient près de 5% du chiffre d'affaires. Barcelone a fermé, l’Ukraine ne répond plus  depuis la Révolution Orange et la situation se tend au sein du groupe. En avril dernier, Lavinia cède sa filiale Vins du Monde et ses allocations en domaines étrangers prestigieux tels Vega Sicilia, Harlan Estate ou Pingus. C’en est fini de la distribution de vins de qualité vers les restaurants alors que les ventes en ligne n’ont jamais pris le relais. Charlotte Servant et son mari, qui envisageaient de refaire de fond en comble le magasin de La Madeleine en s’offrant les services du très chic architecte Pierre Yovanovitch, renoncent face à la dégradation des résultats. Après la fermeture du magasin Lavinia La Défense, quartier d’affaires déserté depuis l'essor du télétravail, voici donc venu le tour de Lavinia La Madeleine. Selon nos informations, Charlotte Servant et Matthieu Le Priol souhaitent poursuivre la vente de vin sous la marque Lavinia, mais en priorité sur Internet. Pas évident : la vente de vin en ligne, soumise à la terrible loi des comparaisons permanentes de prix par les consommateurs, est devenue un métier très difficile. Et l’on voit bien que ceux qui s’en sortent le mieux sont les producteurs ou négociants qui vendent aussi leurs propres vins sur leurs propres sites, cumulant ainsi la marge du producteur et celle du distributeur, comme par exemple la famille Moueix (Duclot), la famille Bernard (Millésima) ou la famille Castéja (La Grande Cave, 1jour1vin). Ce n’est pas le cas de Charlotte Servant et Matthieu Le Priol qui, sollicités par La RVF, n’ont pas souhaité répondre à nos questions.

Daprès Denis Saverot de la RVF

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Pomerol se libéralise

Permettant d’en finir avec 20 ans de conflits administratifs et juridiques, la nouvelle aire d’appellation proposée par l’INAO allie le principe d’une vinification sur l’AOC en y intégrant des chais de vinification jusque-là extérieurs.
Les usages ne sont pas remis en cause, mais remis en forme. Soumis à la consultation publique ce 11 janvier sur le site de l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO), le « projet d'aire parcellaire des dénominations géographiques complémentaires de l'AOC Pomerol » doit intégrer 7 parties de communes à l’appellation de la rive droite. Ce qui mettrait un terme à 23 années de contentieux sur la vinification et l’élevage des vins de l’appellation en dehors de son aire de production. Un débat ayant débouché sur trois passages devant le conseil d’état, les domaines dont les cuviers sont en dehors de l’aire de production, les « sans chais », s’alarmant du coût du foncier et de la perte potentiel de vignoble pour construire une cave sur une appellation aussi cotée.
Depuis l’assemblée générale du 23 mars 1998, le syndicat viticole de Pomerol souhaite que seuls les raisins produits et transformés en vins sur l’aire géographique de production de l’appellation puissent bénéficier de l’AOC. « La vinification hors de l’AOC commençait à devenir importante, il fallait agir » se souvient un élu du syndicat viticole, qui note des chais ont intégré depuis l’aire AOC sans arracher de vignes. La décision du syndicat viticole se traduit dans les décrets du 14 octobre 2009, du 22 novembre 2011 et du 18 août 2014 par l’agrandissement à la marge de l’aire de proximité immédiate et la mise en place d’un délai transitoire pour les « sans chais » (ayant d’ailleurs attaqué lesdits décrets).
Voie d’équilibre
Merveille de diplomatie, la proposition de l’INAO permet au final de respecter la décision du printemps 1998 sans remettre en cause l’usage traditionnel des « sans chais ». La solution soumise ce début 2021 permet d’intégrer sur l’aire géographique de production les parcelles contenant des chais, mais pour les seules opérations de vinification (avec des parcelles sur les communes d’Artigues-de-Lussac, Lalande-de-Pomerol, Libourne, Lussac, Montagne, Néac et Saint-Émilion). « On espère que cette solution convient à tous. J’espère que l’on va rentrer dans période de sérénité » note un élu du syndicat viticole.
A noter que l’aire géographique de production de raisin de l’AOC Pomerol est également élargie à une vingtaine d’hectares de vigne de la commune de Saint-Emilion, conformément à un usage historique.

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06 décembre 2020

Bordeaux prêt à planter de nouveaux cépages

Les pépiniéristes ont anticipé pour répondre aux demandes des viticulteurs bordelais qui souhaitent planter les six variétés que l’Inao vient de les autoriser à tester. Les chercheurs ont assez de recul pour les aider à faire les bons choix.

Il y a trois semaines, l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO) a accordé aux 4500 viticulteurs produisant du bordeaux ou du bordeaux supérieur, la possibilité de planter six des sept variétés qu’ils avaient demandées à tester à des fins d’adaptation de leur vignoble. Le Petit Menseng leur ayant été refusé, ils vont dans quelques mois pouvoir planter de l’Alvarinho et de la Liliorila en blanc, et de l’Arinarnoa, du Castets, du Marselan, et du Touriga nacional en rouge.

Soulagement pyrénéen, le Petit menseng refusé aux vins de Bordeaux

Nous avions arrêté notre liste en assemblée générale en juin 2019 sur la base des essais réalisés depuis 10 ans par l’Inrae et l’ISVV sur la parcelle expérimentale « VitAdapt » plantée de 2600 pieds de 52 variétés du Languedoc, d’Espagne, d’Italie, de Grèce, du Portugal, de Bulgarie et de Géorgie  a rappelé, Florian Reyne le délégué général du syndicat lors d’une conférence organisée par le salon Vinitech ce 2 décembre.

Les pépiniéristes dans les starting-blocks

Nous avons anticipé la demande et serons prêts à livrer des greffés-soudés racines nues ou des plants en pot pour les premières plantations au printemps  a assuré Delphine Bougès. A termes, la présidente des pépiniéristes de Gironde et du Sud-Ouest redoute en revanche une pénurie de greffons.  Certaines variétés sont rares et nous risquons de manquer de vignes-mères  a-t-elle expliqué, en invitant les viticulteurs à en planter sur leurs terres vierges.

Pour aider les viticulteurs à faire leur choix, Olivier Yobregat, de l’IFV du Sud-Ouest, a listé les atouts de ces nouveaux cépages, en commençant par l’Alvarinho dont 36 hectares étaient recensés en France en 2016. Bien plus présent en Espagne, au Portugal, ou à Malte, ce descendant du Savagnin murit trois semaines après le chasselas alors qu’il débourre deux jours avant . Peu fertile sur les yeux de la base, il doit être taillé en taille longue.  Il est peu sensible au botrytis et donne des vins de grande classe aptes à être élevés en barrique, avec une bonne acidité et des arômes terpéniques  a indiqué le spécialiste du matériel végétal.

Le Liliorila également très peu planté a été choisi pour son aptitude à donner des vins liquoreux avec des arômes de miel et de fruits blancs, et pour son port érigé, des vins dans le pur style bordelais.

L’Arinarnoa a été obtenu par l’Inrae par croisement du Tannat et du Cabernet sauvignon. Ce cépage tardif n’est actuellement planté que sur 180 hectares en France. Il est rustique, peu sensible aux maladies et donne des vins dans le pur style bordelais, dans la famille des cabernets  a encore illustré Olivier Yobregat.

Le Castets est un vieux cépage originaire du grand Sud-Ouest présent dans le cahier des charges des appellations Palette et Estaing. Il est tardif et peut atteindre de hauts rendements en taille longue. Ses vins aux arômes de fruits rouges pourraient trouver leur place au sein des assemblages bordelais. En revanche il donne peu de grappes en cordon de royat et est sensible aux maladies du bois  tempéré Olivier Yobregat.

Le Marselan est un cépage de troisième époque, avec une maturition longue et une très bonne fertilité. Il est peu sensible au botrytis mais exprime très fort la flavescence. Il résiste à la sécheresse mais fait des baies minuscules alors que son rendement en jus est déjà faible en temps normal . Il donne des vins de très bonne qualité. « Il tient si bien sur souche qu’il faut faire attention à la surmaturation ».

Le Touriga nacional, cépage emblématique du Portugal qui n’est planté que sur 8 hectares en France « est en passe de devenir une star à l’international » a poursuivi Olivier Yobregat. Taillé à minima en guyot court pour atteindre les rendements d’appellation, il donne des vins colorés, tanniques, aptes au vieillissement et proches du style bordelais avec des arômes complexes de fruits mûrs. Dans un contexte de réchauffement, il présente également l’avantage d’accumuler les sucres lentement. En revanche, comme il est essentiellement cultivé dans des régions sèches, on connaît encore mal sa sensibilité au mildiou .

Les surfaces consacrées à ces nouveaux cépages ne pourront excéder 5% de la superficie de l’exploitation. Ils devront être assemblés dans la limite de 10% de l’assemblage final, sans référence sur l’étiquette des vins. S’ils ont fait leur preuve dans 10 ans, ils deviendront des cépages accessoires des cahiers des charges bordeaux et bordeaux supérieur.

d'après Marion Bazireau de Vitisphère

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28 octobre 2020

Loïc Pasquet titille de nouveau les vins de Bordeaux

 

Denarius signifiant 'denier' en latin, cette cuvée reproduit une pièce où satyre porte une outre de vin. 
Toujours en quête du goût préphylloxérique, le vigneron iconoclaste lance une deuxième cuvée dont l’augmentation des volumes s’accompagne d’une baisse des prix, mais pas des ambitions.

Avec sa nouvelle cuvée Denarius à 500 € HT, « je voulais faire quelque chose d’accessible » lance, pince-sans-rire, Loïc Pasquet, le vigneron bordelais créateur de Liber Pater, « le vin le plus cher du monde », à 30 000 € la bouteille. Ne visant pas les prix du domaine de La Romanée Conti, ces tarifs dépassent ceux des premiers crus classés en 1855. « Liber Pater c’est extrêmement cher et rare. Denarius permettra de remettre des vignes franches de pied sur la table des restaurants français. Ça reste un prix d’exception pour déguster le vin d’avant le phylloxéra » explique Loïc Pasquet. Promettant un retour aux sources du vignoble bordelais*. Et plus particulièrement du milieu du XIXème siècle. Pour ne pas dire de 1855.

Sans en avoir les volumes, ni la force commerciale, « je vais chercher les crus classés sur leur terrain. Avec le même prix, mais avec ce qu’ils devraient faire » indique Loïc Pasquet, coutumier des piques contre les grands crus classés du Médoc. Reprenant des méthodes culturales ancestrales (conduite en joualles et en échalas, travail du sol au mulet, traitements bio, très hautes densités de plantation avec 20 000 pieds/hectares…) et des cépages anciens (autochtones, mais plus inscrits dans les cahiers des charges), le domaine Liber Pater affirme proposer le goût historique des vins de Bordeaux. Une approche qui se veut militante, hors appellation et en vin de France.

Deuxième climat

Mettant actuellement en marché ses 6 000 cols du millésime 2018 de Denarius, Loïc Pasquet revendique une idéologie vigneronne plus bourguignonne que bordelaise. S’il récuse le terme de second vin, le vigneron défend celui de deuxième climat pour Denarius, issu de parcelles voisines de Liber Pater. « Bordeaux a des climats, avec des expressions de lieu différentes. Le problème de Bordeaux est de créer des goûts, de décliner une fiche technique. Ça ne fonctionne plus, les gens ne veulent pas de produits stéréotypés »juge le vigneron des Graves, qui souligne le potentiel viticole de la Gironde : grâce à ses vignerons, « Bordeaux est aujourd’hui imbattable au niveau du rapport qualité/prix, mais a perdu la bataille du cœur ».

Considérant que Bordeaux fait « du vin comme de la soupe », avec les cépages et les barriques comme ingrédients, Loïc Pasquet promeut une philosophie bourguignonne des climats, mais avec un fort accent sur les cépages qui l'on ne retrouve cependant pas en côtes de nuits. Soulignant l’unité de terroir en Bourgogne, le professeur retraité Jacky Rigaux explique que le pinot noir suffit aux climats bourguignons. Si la cuvée Denarius incorpore d’anciens cépages (tarnais, castets et saint-Macaire), elle reste à dominante de cabernet-sauvignon (sous le nom local de petite vidure).

 

"Un nouveau procès, c'est de la publicité "

Alors que son étiquette affiche la mention « domaine » (photo ci-dessous), réservée aux vins avec indication géographique (AOP et IGP), Loïc Pasquet conserve son flegme pince-sans-rire : « ça fera un nouveau procès, c'est de la publicité gratuite ». De fausses facturations dans un dossier de subventions auprès de FranceAgriMer ont précédemment conduit Loïc Pasquet et Liber Pater devant les tribunaux (cliquer ici pour en savoir plus).

 

* : Avec quelques concessions techniques, comme le recours à des bouchons synthétiques (de marque Ardeaseal).

 d'après Alexandre Abellan de Vitisphère

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24 septembre 2020

Comexposium trébuche

 

Le premier opérateur français du secteur évènementiel accuse le coup des reports et autres jauges sanitaires avec une procédure ouverte pour six mois auprès du tribunal de commerce de Nanterre. Cette annonce tombe une semaine après le lancement d'une filiale avec Vinexpo, sous le nom Vinexposium, qui n'est pas concernée.

Ce 22 septembre, le groupe Comexposium et ses filiales organisatrices de salons ont fait le choix de se placer sous la protection du tribunal de commerce de Nanterre et de solliciter l’ouverture d’une procédure de sauvegarde à leur bénéfice  annonce un communiqué du groupe parisien (appartenant à la chambre du commerce d’Île de France et à Crédit Agricole Assurances). Enregistrant en 2019 un chiffre d'affaires de 440 millions d'euros, l'organisateur prévoit une activité réduite à 80 millions € en 2020 (-80 %).  Face à la crise sanitaire, Comexposium est confronté à l’interdiction de faire son métier depuis plus de six mois. Ces interdictions conduisent aujourd’hui le groupe à adapter ses financements afin de prendre en compte le niveau d’activité très faible du secteur et le manque de visibilité  ajoute le communiqué de l’organisateur de 135 salons dans le monde*, dont des évènements bien connus de la filière vin.

 

Récemment créé, le groupe Vinexposium, filiale à 50/50 entre les groupes Comexposium et Vinexpo, n'est pas concerné par le dispositif de sauvegarde. « Nous sommes une filiale se trouvant hors du périmètre de ce plan. Nous avons les bons côtés de chaque groupe, sans les mauvais pour l'instant » glisse un employé de Vinexposium à Vitisphere. Les salons commerciaux Wine Paris & Vinexpo Paris, World Bulk Wine Exhibition et la tournée Vinexpo (Bordeaux, Hong Kong, New York, Shanghai...) ne sont pas touchés par ce plan. Tout comme l'évènement technique Sitevi, qui ne fait pas partie de Vinexposium, mais se trouve également en dehors de cette mesure de sauvegarde.

 

"Donner du temps"

Mais même pour les évènements concernés, « l'activité continue grâce à ce plan de sauvegarde, elle est avant tout limitée par le contexte sanitaire. Il n'y aura pas d'impact sur les évènements, ce sont les mesures sanitaires qui en ont » explique un porte-parole de Comexposium, qui précise que la procédure est ouverte pour six mois, avec une possibilité de renouvellement. « Pendant cette période qui s’ouvre, les équipes continueront de préparer avec engagement et dans le respect des règles sanitaires, les événements qui ont été maintenus » rassure en effet le communiqué du groupe, qui ajoute que « cet acte de gestion permet de geler les créances en cours de ces sociétés, la réorganisation de leur passif et donne du temps pour passer une conjoncture extérieure défavorable ».

L’organisateur espère que cette mise sous cloche permette une relance dès la levée du cadre sanitaire imposé par la pandémie de coronavirus. Se voulant optimiste, « je crois fermement à la pérennité des événements physiques » précise dans un communiqué Renaud Hamaide, le président de Comexposium.

 *: Accueillant 3,5 millions de visiteurs pour 48.000 exposants, ces évènements visent autant le grand public (Salon International de l’Agriculture, Salon de l’Étudiant, Foire de Paris…) que les professionnels (Salon International du Machinisme Agricole…).

d'après Vitisphère

 

 

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07 septembre 2020

24 % de l'appellation Pouilly Fuissé obtient l'appellation 1er cru

Après 10 ans d'efforts, elle s'appliquera à partir du millésime 2020 pour les climats suivants : Au Vignerais, Aux Chailloux, Aux Bouthières, Aux Quarts, En France, En Servy, La Frérie, La Maréchaude, Le Clos de Monsieur Noly, Le Clos Reyssier, Les Chevrières, Le Clos, Le Clos de Solutré, Les Brulés, Les Crays, Les Ménétrières, Les Perrières, Les Reisses, Les Vignes Blanches, Pouilly, Sur La Roche et Vers Cras.

 

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02 septembre 2020

De l'Assyrtico à Tinos

Le vignoble d’Éole

 

Pas une âme à l’horizon, juste quelques chèvres et d’énormes blocs de granit qui jonchent le paysage, comme un jeu de billes de titans… « J’ai investi ici pour dynamiser l’endroit, le paysage », explique Alexandre Avatangelos. Le Clos Stegasta est la fierté de ce Grec. Il a voulu planter de la vigne ici même, à ­Tinos, une île de l’archipel des Cyclades, pauvre en eau, ventée par le Meltem, au point que certains en firent la demeure du dieu Éole. Un domaine de 9 hectares perché à 550 mètres d’altitude. Il a découvert ce lieu en 2002, et cela semble l’avoir bouleversé. Depuis, il poursuit la réalisation de son grand œuvre.

L’île se prête aux révélations. Au début du XIXe siècle, sainte Pélagie, après une série de songes durant lesquels elle vit la Vierge couverte d’or, fit creuser un terrain où l’on trouva une icône miraculeuse, aujourd’hui abritée dans la basilique du village. Avatangelos n’a pas vu la Vierge, mais il a rêvé de raisins superbes. « Les Phéniciens avaient planté de la vigne ici, mais nous n’avons pas pu retrouver le cadastre original. Seule la terre s’en souvient. Car la terre a de la mémoire, comme la vigne. Il s’agit pour nous de synchroniser cette mémoire racinaire et celle des sols… Par ailleurs, la vigne doit respecter la terre. Sinon, elle peut développer un sentiment de “culpabi­lité” », explique le propriétaire.

Alexander Avatangelos ne fait pas ses vins lui-même. Il fait confiance à sa petite équipe de vignerons et au consultant français Stéphane Derenoncourt, qui, au fil d’une longue expérience - 147 domaines font appel à lui dans 16 pays - s’est construit une vision personnelle de la viticulture. Derenoncourt sait évaluer quel type de vin une terre peut donner et ne laisse pas les propriétaires qu’il conseille se bercer d’illusions. L’homme, par ailleurs expert en biodynamie, à l’instar de son client grec, parle de la plante comme d’une personne. « La vigne, comme l’homme, si elle grandit sans frustration, ne sera pas très intéressante. La vigne a besoin de rester sur le fil de la souffrance », explique-t-il, quand on lui demande s’il faut recourir à une irrigation systématique. Sur ces terres arides, la pluie peut rester aux abonnés absents de mai à novembre. Pour éviter que la plante ne vive un supplice, le domaine profite de trois puits ancestraux, de deux forages et de réserves d’eau.

Sur un autre site, dans un vallon, il a planté 3 hectares de Mavrotragano, un cépage indigène dédié au rouge, répartis en 27 terrasses. « Ici, les sols de schiste, très pauvres, permettent de produire des vins sans lourdeur », commente Stéphane Derenoncourt. Trois mille bouteilles seulement en sont issues chaque année.

L’écologie commence par des produits d’excellence

De petits volumes, certes, mais qui satisfont Alexandre Avatangelos, passionné par cette production de précision. Les études et la carrière du Grec ne l’avaient pourtant pas directement préparé à la viticulture. Étudiant à Montpellier, il suit les cours d’Yves ­Michaud, obtient un doctorat en philosophie, s’intéresse ensuite à la psychanalyse ­lacanienne, mais aussi à la biochimie. Il étudie en profondeur l’homéo­pathie - il soigne d’ailleurs ses vignes avec des préparations à l’arnica - et beaucoup d’autres choses. Il écrit aussi de la ­poésie, en français.

Ses différents cursus bouclés, il se lance dans les affaires en réalisant du courtage dans le monde des armateurs, œuvre dans le secteur du bâtiment, en Afrique notamment, et dans le monde de l’énergie. Il est plus favorable au ­nucléaire qu’à « ces saloperies d’éoliennes que le gouvernement grec a voulu ­installer à Tinos. Dans un pays où le ­respect de l’environnement n’est pas ­toujours une priorité, où la nature est souvent abandonnée, il faut croire à ses propres principes », dit-il.

Avant de jeter l’ancre ici, le francophile s’est lancé une première fois dans le monde du vin à Santorin, en créant la marque Sigalas. Mais il a quitté cette île, déçu par les pratiques de certains : « Ils font n’importe quoi, là-bas. Ils font venir du raisin d’ailleurs, le vinifient sur place et le présentent comme un cru local… Et puis leurs vins ont un goût de caoutchouc brûlé. » Il a tout de même fait appel à un pépiniériste de Santorin qui lui livre les plants d’Assyrtiko, un grand cépage grec blanc. Pour lui, « l’écologie commence par la mise en production de produits d’excellence qui mettent en valeur un lieu. Elle procède d’une démarche privée, ou de l’assemblage de différentes initiatives privées ». Il dit « ne pas être lié au pays dans lequel (il) œuvre mais à l’endroit, au lieu », et pense que « le patriotisme ne se revendique pas, il est lié au produit et s’impose de lui-même ».

En vingt ans, l’homme a investi 10 millions d’euros dans son domaine. Il prévoit 3 millions supplémentaires pour l’édification d’un cuvier. « L’affaire sera peut-être rentable dans quatre ou cinq ans. » Il semble très excité par « la création de concepts invisibles que l’on arrive à rendre visibles » ou encore par « la chance du monde moderne, qui peut transformer l’inutile en vital ». En attendant, lui et son épouse belge, Anne, se sont installés sur la côte de Tinos. Les deux parlent avec passion de l’île, de la façon dont elle évolue, grandit.

Le vin d’Alexander Avatangelos est bon. Le blanc 2019, tendu à souhait, se montre riche, avec une agréable pointe saline. Un formidable compagnon des huîtres, poulpes ou oursins. Les millésimes précédents, le 2018 notamment, plus cristallins, gagnent avec le temps en ampleur, en puissance et accompagnent eux aussi avec bonheur taramas, maquereaux ou harengs. La cuvée « rare » du blanc est marquée par de discrètes notes citronnées. De leur côté, les rouges présentent une fraîcheur inattendue, se révèlent sapides, parfois avec un côté kirshé. Le 2018 est très réussi, avec une superbe profondeur de goût, une pointe épicée. La cuvée « rare » 2017, produite à seulement 2 000 exemplaires, se montre crémeuse et enveloppée à souhait.

Les prix de ces vins sont à la hauteur de leur rareté, jusqu’à 80 euros pour le rouge rare. Des tarifs sans commune mesure avec ceux des jus grecs lambda. Où les trouver ? Dans les restaurants d’Alain Ducasse, dont le directeur de la sommellerie, Gérard Margeon, est très impliqué dans le domaine grec. Ou sur le site du consultant Stéphane Derenoncourt. Forcément, c’est sur place qu’on les apprécie le mieux.

Pour se procurer les vins de Tinos : Terres millésimées, tél. : 05 57 74 98 27 et terresmillesimees.com

D'après leFigaro vins

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19 août 2020

Rendement variable en Champagne pour la récolte 2020

Le vin de Champagne a pris une décision historique et inédite concernant les rendements. Après de longs débats, l'interprofession a choisi de fixer un rendement 2020 qui s'ajuste en fonction du marché.

Le bureau exécutif de l’interprofession champenoise s’est mis d’accord ce 18 août sur une récolte 2020 à 8000 kg/ha de raisins (le rendement 2019 était de 10 200 kg/ha), ce qui correspond à un volume de 230 millions de bouteilles. Ce niveau de rendement peut être considéré comme une victoire par les viticulteurs, les négociants s’étant positionnés pour une récolte plus petite, allant de 6500 kg/ha pour certains à 7000 kg/ha pour d’autres.

Un rendement ajusté au marché

Reste que les modalités de tirage et de paiement de ces 8 000 kg/ha vont limiter l’éventuel enthousiasme du vignoble. En effet, l’interprofession propose un mécanisme inédit pour tenter de s’adapter au mieux à l’incertitude économique actuelle. Les vignerons vont cueillir 8 000 kg/ha et seront assurés d’être payés sur 7 000 kg/ha. En janvier 2021, le bureau exécutif du Comité Champagne se réunira pour statuer sur le niveau définitif de la vendange 2020, au regard des ventes de l’année 2020. Si les ventes sont inférieures à 200 millions de cols, le rendement sera de 7 000 kg/ha. Les 1 000 kg/ha en « excédent » seront une avance sur la récolte 2021.  Si les ventes sont de 215 millions de cols, la récolte pourrait être de 7500 kg/ha et l’avance sur 2021 de 500 kg/ha. Et si, d’aventure, les ventes reprennent des couleurs et dépassent les 230 millions de cols, un déblocage de la réserve individuelle des vignerons sera envisagé.

Le paiement de la récolte sera de 2000 kg/ha les 5 décembre 2020, 5 mars 2021 et 5 juin 2021. Le 5 septembre 2021, le paiement sera de 1000 kg/ha auquel s’ajoutera l’éventuel ajout décidé en janvier 2021. Le solde non payé pourra être escompté.

Pour permettre aux vignerons qui vendent des bouteilles d’alimenter leurs marchés, ces derniers pourront tirer 8 000 kg/ha, sous réserve de ne pas vendre ces vins sur lattes à d’autres opérateurs. Mais si le rendement définitif de 2020 est statué à 7600 kg/ha, ces vignerons qui auront tiré 8000 kg/ha tireront 400 kg/ha de moins sur la récolte 2021. Le principe d’un rendement unique, qui sera exceptionnellement calculé sur la moyenne des vendanges 2020 et 2021, ne peut pas être remis en cause au sein des AOC.

Inquiétude pour les ventes de décembre

La Champagne aborde avec une certaine inquiétude le dernier trimestre, très important pour la filière avec les fêtes de fin d'année. « Avec le caractère festif de notre vin, notre filière est très touchée, commente Jean-Marie Barillère, président de l’Union des Maisons de Champagne et co-président du Comité Champagne. La baisse est pour l’instant de l’ordre de 25 à 30 %. Qu’en sera-t-il fin décembre ? Le marché de proximité se tient bien. Les ventes devraient être correctes en France et en Europe, mais la chute sera drastique dans le grand export. A Paris, il n’y a plus aucun touriste. C’est une catastrophe… ». Le président de l’UMC s’insurge de ne pas avoir eu gain de cause, auprès de la Commission européenne, sur la demande du Comité Champagne de pouvoir encadrer les promotions en grande distribution. Le Comité Champagne s’appuyait sur l’article 222 de l’OCM vitivinicole qui autorise les interprofessions, dans des périodes de graves déséquilibres des marchés, à prendre des mesures contraires au droit européen de la concurrence. « L’Etat met 250 M€ pour distiller et accompagner le stockage des vins, poursuit Jean-Marie Barillère. Mais quand on demande quelque chose qui ne coûte rien, il n’y a personne dans l’avion ! ». Maxime Toubart, président du Syndicat général des Vignerons, a conclu sur une note positive : « la bonne tenue des ventes des vignerons depuis le mois de juin montre qu’il n’y a pas de déconsommation du champagne. La désirabilité du champagne est toujours là. C’est juste que les lieux où il est consommé sont fermés… ».

d'après Aude Lutun de Vitisphère

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01 juillet 2020

Le vignoble bordelais débat de l’arrachage définitif de 8 à 10 000 ha de vignes sur 110.000 ha

Face au cumul de blocages commerciaux, les vins de Bordeaux envisagent une coupe drastique qui pourrait représenter -7 à -9 % du potentiel de production du premier département viticole de France. Actuellement, l’origine des fonds nécessaires pose le plus question.

Ni formalisé, ni arrêté, le futur plan d’arrachage définitif du vignoble de Bordeaux se discute en cette période de campagne de distillation et de propositions de réduction des rendements. D’après les réflexions actuellement évoquées au sein du syndicat des Bordeaux et Bordeaux supérieur, 8 à 10 000 ha de vignobles doivent être arrachés en Gironde pour répondre aux chutes des commercialisations (portant les stocks à deux ans de ventes). Premier département viticole de France, avec 110 800 hectares de vignes en production, la Gironde perdrait 7 à 9 % de ses surfaces viticoles. Si les surfaces concernées et le montant des aides restent en suspens, cette idée d’arrachage définitif se heurte surtout à la question de son financement.

Certains évoquent un soutien interprofessionnel (sachant que le Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux rembourse encore actuellement le plan d’arrachage de 2005), d’autres ciblent le plan d’aide régional (comportant un plan de rebond à court-terme et des mesures de résilience plus structurelles), tandis qu’une demande de subventions européennes pourrait être envisagée (si Bordeaux semble être la seule région française à réfléchir à l’arrachage, d’autres états membres pourraient suivre). Evoqué en fin d’année 2019 à hauteur de 5 000 hectares (avec une aide de 5 000 euros/hectare), le projet d’un arrachage girondin n’a pu être débattu par l’assemblée générale des Bordeaux le 31 mars dernier à cause de la crise sanitaire. Mais le coronavirus relance désormais le besoin d’une réduction de l’offre face à une demande en chute (les sorties bordelaises devraient être largement inférieures à 4 millions hl sur la campagne 2019-2020).

 

Alors que les débats sont ouverts, les propositions et contre-propositions affluent. Certains évoquent une aide à l’arrachage pour créer des réservoirs de biodiversité ou pour remplacer les Zones de Non Traitrement (ZNT), d’autres craignent un nouveau mitage du vignoble sous la pression urbaine. D’aucuns veulent une mesure financièrement incitative, tandis que d’autres veulent des critères forts pour éviter des rentes. La question n’étant pas tranchée par les syndicats viticoles, elle est éludée par beaucoup de leurs représentants. « Pour l’instant nous nous occupons du plan de distillation et des possibilités d’exonération des charges. Nous sommes  dans les mesures conjoncturelles, il faudra du structurel pour assainir. Peut-être que ce sera de l’arrachage, mais il faut procéder par étapes » évacue Jean-Marie Garde, le président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux, pour qui « il y a besoin de trésorerie, il y a le problème de la nouvelle récolte qui approche et il faut faire repartir le commerce ».

Mais d’autres élus du vignoble alimentent plus ouvertement le débat. « Avec des viticulteurs proches de la retraite et des parcelles qui ne sont plus rentables, la filière est mure pour des primes d’arrachage. D’autant plus que ces parcelles sont peu entretenues et représentent des enjeux sanitaires (notamment de flavescence dorée) » souligne pour sa part le vigneron Jérémy Ducourt, vice-président de l’AOC Bordeaux. « Il est vraisemblable que l’arrachage soit l’étape suivant la distillation pour gérer le surplus d’offre. Il est vraisemblable que l’on doive se résoudre à arriver à cette extrémité. Il faut aller vite, dès l’après vendanges 2020 » estime Claude Gaudin, le président de l’AOC Médoc. Cet Organisme de Défense et de Gestion avait, à la suite des vendanges 2019, incité à l’arrachage des parcelles peu qualitatives ou se trouvant à quelques années de la restructuration, afin de réduire les volumes disponibles.

Face au constat d’un déséquilibre commercial, tout l’enjeu d’une mécanique d’arrachage reste de rééquilibrer l’offre et la demande. « Avec une usine qui produit 5 millions hl et qui ne commercialise que 3,2 millions hl, à un moment donné il faut trouver un moyen de réduire » pose Dominique Guignard, le président du syndicat des Graves, pour qui « il y a surement des mesures à prendre pour réduire la production. Un certain nombre de viticulteurs aimeraient pouvoir diminuer leur production dans des conditions décentes. Il faut trouver un moyen de les aider ».

Même sens de la métaphore industrielle pour Jean-Samuel Eynard, le président de la Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitations Agricoles (FDSEA 33) : « quand Renault vend moins de voitures, il ferme une usine. Idem pour le vignoble, à moins d’imposer un rendement de 40 hl/ha qui posera d’autres problèmes. Dans la situation actuelle, l’arrache est inéluctable. » Le vigneron des Côtes de Bourg estime qu’arracher 8 à 10 000 ha ne sera pas suffisant. « Ce sont d’abord les vignes les moins productives qui seront arrachées, ce qui ne changera pas la donne » prévient-il, rapportant que l’« on trouve des vignerons qui vident leurs cuveries à 750 euros le tonneau en AOC Bordeaux, 1 000 € le tonneau en Côtes, 1 200 € le tonneau en Médoc… Il n’y a pas qu’une appellation concernée, tout l’édifice est en train de vaciller. »

 

Les débats ne se cantonnant pas au seul vignoble, le négoce suit également avec attention ces questions. D’autant plus qu’« arracher, c’est une catastrophe. C’est condamner trente ans de potentiel de production ! » alerte Georges Haushalter, le vice-président de Bordeaux Négoce. Se souvenant que le gel de 2017 a débouché sur une carence de vins disponibles faisant exploser les cours, le négociant estime plutôt qu’à Bordeaux « nous n’avons pas besoin de plus d’aides sociales, mais de mesures de soutiens et d’accompagnements de l’aval. »

Pour certains opérateurs, un arrachage massif serait par essence trop définitif, alors qu’un pilotage de la production par des mises en réserve serait plus sécurisant pour lisser les aléas climatiques. « Je suis d’accord pour constituer des réserves, mais faut une aide du négoce pour porter le stock. Les responsabilités sont partagées, surtout quand on voit de gros opérateurs passer, il y a quelques semaines, des appels d’offres à 650 euros le tonneau » tacle Jean-Samuel Eynard, qui demande que « le négoce assume sa part de responsabilité. Travailler une image avec des bouteilles à deux euros en tête de gondole, ça ne sert à rien. »

Si la phase d’enregistrement pour la distillation de crise a suspendu les contrats de vrac à bas prix dans le vignoble bordelais, l’enjeu est désormais pour la filière girondine d'adopter des outils de relance commerciale et de valorisation de sa production.

d'après Alexandre Abellan de Viisphère

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06 juin 2020

Un cognac à 118.000 £

Une bouteille de cognac rarissime de la Maison Gautier, datant du XVIIIe siècle, a été adjugée jeudi 28 mai plus de 118.000 livres (131.000 euros) par Sotheby's, un record dans ce domaine.

C'est un collectionneur privé asiatique qui a remporté la précieuse mise pour 118.580 livres exactement, a précisé la maison d'enchères Sotheby's. Appelée "Grand frère", il s'agit de l'une des trois dernières bouteilles de cognac Gautier de 1762 existant encore à ce jour, et la plus grande.

Elles sont restées dans la même famille durant des générations depuis la fin du XIXe siècle, selon Sotheby's. Elles avaient été laissées chez les arrières-grands-parents du vendeur par un orphelin, Alphonse, qu'ils avaient accueilli chez eux.

Alphonse avait quitté sa famille adoptive dans les années 1870 pour travailler dans la région de Cognac. Il était revenu chez elle une décennie plus tard avec un chargement de bouteilles de cette eau de vie, qui lui auraient été données en guise de salaire après la destruction d'une grande partie du vignoble par l'insecte phylloxera  Parmi elles, les trois bouteilles Gautier, avec des étiquettes en parfaite condition. Parti à la guerre en 1914, Alphonse n'en est jamais revenu, a poursuivi la maison de vente.

Comme le "Grand frère", le "Petit frère" avait été vendu aux enchères, à New York en 2014, tandis que la "Petite soeur" est conservée au Musée Gautier, dans le sud-ouest de la France. "Elle devrait encore pouvoir se boire", avait commenté, avant la vente de la bouteille le 28 mai, Jonny Fowle, spécialiste desspiritueux  chez Sotheby's, dans le journal The Times.

d'après la RVF

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