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mes plus belles dégustations oenologiques... ou les pire
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2 décembre 2012

Les dérives de l'I.N.A.O et les perles non classées

Texte extrait du catalogue de la cave Augé et rédigé par Marc Sibard

En cette année olympique saluons encore une fois la nouvelle médaille d’or française du tirage de balle dans le pied du patrimoine viti-vinicole.
Contrôles fiscaux, D.G.C.C.R.F, descente de douanes, quand ce n’est pas l’interprofession qui s’y colle pour chasser le« vigneron naturel » qui n’a aucune velléité de rentrer dans le moule oenologico-organoleptique dessiné et décidé par les instances pinardières fussent-elles françaises ou européennes !
Comment peut-on, dans notre belle France viti-vinicole, chasser l’élite des vignerons français sous prétexte de non utilisation de la pharmacopée oenologique, ou parce qu’ils produiraient des vins atypiques ?
Qui sont ces censeurs décidant de la typicité ou de l’atypicité de nos plus grands vins ?
Comment a-t-on pu, dans le pays du bon goût, porter au pinacle un gourou américain, qui n’a de mérite que d’avoir inventé la notation des vins sur un barème de cent points ?
Il a certainement raté sa vocation dans le domaine de la peinture où nous serions curieux de savoir qui de Manet, Picasso ou Le Caravage mérite un cent sur cent…
Comment a-t-on pu dans le pays de Rabelais et Curnonski ne pas vouloir écouter un Pierre Overnoy, Marcel Lapierre ou Jean louis Chave pour leur sagesse d’analyse et de réflexion ?
Comment peut-on obliger nos vignerons bio, bio-dynamique ou naturels de se justifier en étiquetage sur leurs méthodes de culture ou de vinification, quand rien n’est rendu obligatoire pour les industriels pinardiers de faire figurer de manière légale sur les contre-étiquettes la variété incroyable des produits oenologiques ou autres intrants dans les processus de fabrication de ce qu’ils osent appeler du vin ?
C’est un mensonge au citoyen buveur, sur la qualité, l’authenticité et la traçabilité du produit !
Citons le baron Leroy fondateur de l’I.N.A.O en 1935 qui déjà soulignait une dérive :
« Avec 31 années de présidences viticoles, je suis encore de ceux bien rares aujourd’hui qui ont assisté à une double évolution du vignoble. L’une orientée vers la facilité : produire davantage avec le moins de peine physique et intellectuelle possible. L’autre dictée par l’amour du vin, ne ménageant pas les efforts et les soins, mais subordonnant à sa qualité toutes les autres considérations. Les protagonistes de la première méthode ont paru avoir raison pendant quelques années, mais ils sont entièrement responsables de l’anarchie quantitative et qualitative dans laquelle ils se débattent aujourd’hui. Et malheureusement ils ne sont pas seuls à subir les conséquences de ce désordre. Les partisans de l’autre méthode, de celle qui a fait la renommée de notre production viticole, ont attendu longtemps, ils ont dû faire preuve de patience et d’opiniâtreté, mais ils ont fini par gagner la confiance du consommateur, et ils reçoivent maintenant la récompense de leurs efforts.»
Fustigeons cette oenologie moderne qui essaie de nous faire croire que certains breuvages nés des cerveaux de ces professeurs foldingues deviendraient des nectars divins au seul contact de leur science…
Les grands oenologues depuis Pasteur que furent Chauvet, Ribéreau-gayon et Peynaud doivent se retourner dans leurs barriques en constatant la dérive dangereuse de cette oenologie marketing !

Dans cet océan de pinards optiquement vides et organoleptiquement creux, saluons les efforts de belles maisons qui ont pour mérite d’essayer d’autres voies, Jean-Baptiste Lécaillon chef de cave de la prestigieuse maison Roederer en champagne qui s’escagasse à réfléchir sur sa quinzaine d’hectares en biodynamie, Alfred Tesseron qui voit enfin les mérites de la biodynamie sur son beau vignoble de Pontet Canet ou encore le domaine de la Romanée Conti pour qui ce fut simple tant ils étaient proches en réflexion et méthode du vivant et du vignoble.
Saluons tous ces vignerons qui réimplantent tous ces merveilleux cépages autochtones, révélateurs de la diversité et de la singularité de nos vins ;
Les Antoine Aréna et son « bianco gentile » à Patrimonio en Corse, Michel Drappier avec ses « Arbane, Meslier et blanc vrai » en Champagne ou encore « Fanfan » Ganevat roi du « Melon à queue rouge » ou du savagnin gros vert dans le Jura…
Encourageons cette nouvelle génération de vignerons qui veulent relever le pari du terroir français, les Angéli, Pfifferling, Nicq, ou Puzelat, à l’inverse de ces industriels qui ne s’occupent que du « terroir-caisse ».

Dans le droit fil de cette opinion, dans le cadre des Recontres du Vin en Biodynamie  j'ai découvert plusieurs perles :

  1. Le quart d'heure Angevin 2011 classé Vin de France de Joel Ménard à 49750-Rablay sur  Layon au coeur des Coteaux du layon. Il s'agit d'un rosé passerillé, ce qui est rarissime en France. Belle couleur sombre et bel équilibre en bouche. Une trouvaille à 13€.
  2. Caillou du domaine Roche-Audran à 84110-Visan, encore un VdF en cépage Grenache vinifié en Vendange Tardive à 16€. Un autre petit bijou
  3.  L'Anjou blanc Authentique 2010 en Chenin sec non greffé  du  Domaine Delesvaux à 49190-Saint Aubin de Luigné (en plein coteaux du Layon). A noter également chez ce  producteur, un magnifique Coteaux du Layon en Sélection de Grains Nobles 2010 avec 230gr de sucre résiduel mais un équilibre sucre/acidité étonnant aux alentours de 22€.

Si non quoi retenir d'autre de cette manifestation, le grand nombre d'Alsaciens présents (10 sur 52), un  domaine à éviter, La Paonnerie à 44150-Anetz et son Muscadet Coteaux de loire à 9,50€. A Ce tarif là, on trouvera de belles choses ailleurs comme le Viognier 2011 du Mas de Vinobre à 07200-La Chapelle sous Aubenas à 7€.

Le plus connu   et probablement le plus anciens de ces vignerons d'exceptions qui refusent de se plier au moule rigide de l'I.N.A.O est sûrement Dürbach à 13103-Saint Etienne du Grès à quelques kilomètres des Baux de Provence et dont un quotidien titrait son article  le concernant par cette accroche : "trop bon pour être Baux". Il est donc classé Vin de Pays mais se vend tout de même aux alentours de 50€ chez les bons cavistes. Attention, ce n'est pas un vin friand et une garde d'au moins 5 ans s'impose pour l'apprécier. Il était  récemmment présent à Paris parmi les 25 membres de  l'Union des Gens de Métier. Pierre-Marie Chermette du Domaine du Vissoux à 69620 Saint-Vérand présentait ses Beaujolais. A retenir, son  Beaujolais banc 2011, d'une minéralité rare dans la région et d'une grande prèsence en bouche. Quand à son Beaujolais Nouveau "griotte" à 5,80€ la bouteille, il fait partie cette annnée de mon trio préféré. D'autres nom connus comme Dagueneau en Sancerre et Pouilly Fumé, y compris la cuvée Silex qui jouit cependant d'une belle notoriété ne m'ont pas mis en transes. Que retenir d'autre? 2 producteurs de Barolo, mais je m'étendrai plus tard sur le sujet dans le cadre du Grand Tasting et l'extra-terrestre de la Champagne Anselme Sélosse dont je reparlerai lors de la journée Bullles d'Artistes chez Augé.

reproduction interdite © stackanovins 2012

 

 

 

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