Après le rouge, le blanc et le rosé voici venu le vin bleu. Une entreprise de Sète vient de se lancer dans la commercialisation du Vindigo, un vin aussi étrange que naturel.

Du vin... bleu turquoise. Une couleur surprenante pour un vin pourtant naturel. Le Vindigo, un Chardonnay fabriqué dans le sud de l'Espagne et commercialisé en France par une entreprise basée à Sète, dans l'Hérault, doit sa couleur à la peau du raisin dans lequel il est filtré. Ils prennent du Chardonnay, ils le passent dans de la pulpe de raisin rouge. Quand on regarde ce raisin, il y a un bleu dedans qui s'appelle l'anthocyane. Ils le filtrent dans cette peau et il sort ce vin bleu,  le Sétois René Le Bail qui, avec ses trois associés, commerciale ce curieux breuvage. Il a un goût de fruit. Il y a de la cerise, des fruits de la passion, de la mûre déclare René Le Bail, l'entrepreneur qui commerciale le Vindigo en France.

L'entrepreneur explique que c'est un vin idéal pour l'été, à boire à l'apéro, sur le sable ou au bord de la piscine. Les femmes l'apprécient beaucoup. Il titre  11 degrés, ce n'est pas un vin qui est hyper puissant. En tout cas René Le Bail croit en sa trouvaille puisqu'il a déjà commandé 35.000 bouteilles de Vindigo qui seront tout de même vendues à partir de 12 euros.

Il n'est  pour l'instant disponible qu' à Sète et dans le département de l'Hérault.

d'après Le Figaro

De jeunes espagnols lancent un vin...bleu


Une équipe de jeunes espagnols a décidé de se lancer dans la commercialisation d'un vin de couleur bleue, baptisé « Gïk ». Le breuvage affiche une couleur bleu cobalt et résulterait d'un assemblage de raisins blancs et rouges, auxquels ont été ajoutés de l'anthocyanine - des pigments naturels présents dans la peau du raisin et des pigments indigo.
Bu sur le web : de jeunes espagnols lancent un vin...bleu
 
D'un point de vue gustatif, le vin est « doux » et titre 11,5 degrés d'alcool. 
 
Ses créateurs, âgés d'une vingtaine d'années, se disent totalement novices en la matière, sans expérience dans le monde du vin : ils sont dessinateur, informaticien, chimiste ou encore artiste. « Nous travaillons sans hiérarchie, horizontalement », précisent-ils. Et pourquoi un tel vin, peut-on légitimement se demander...« Et pourquoi pas, rétorquent ces derniers, sur leur site internet. Gik est né pour le plaisir...Pour secouer un peu les choses et de voir ce qui se passe. Pour créer quelque chose de nouveau, quelque chose de différent ».
 
Pour apprécier le vin, ses fabricants préconisent  « d'oublier tout ce que l'on sait sur le vin, sur les 60 appellations de vins d'origine en Espagne, les normes de service et tout ce qu'explique le sommelier dans un cours de dégustation auquel nous avons été invité » . Son prix de vente sur le site: 10€ la bouteille...
 
[crédit photo: site internet gik.blue]
 
d'après Vitisphère
Coloration naturelle : l'apport d’anthocyanes aussi en débat

Semblant submergé par l’intérêt fulgurant pour son produit (vendu 12 € en ligne), Vindigo fait face à une autre polémique, liée à son signe distinctif même : sa coloration naturelle. D’après l’entreprise sétoise, ce vin est produit en Espagne « à base de raisins 100 % chardonnay, macéré avec des extraits de peau de raisin », le produit fini devant « sa couleur bleue élégante à un pigment naturel trouvé dans la peau de raisin, l’anthocyane ».

« Je ne vois pas comment l'apport d'anthocyanes extraites du marc de raisin rouge peut rendre ce vin bleu. Même si l'on a déjà réussi à isoler en laboratoire des pigments dérivés d'anthocyanes qui présentent une couleur bleue en milieu acide, ces derniers sont présents en quantités infimes dans les marcs et les vins » critique Véronique Cheynier, directrice de recherche à l’Institut National de la Recherche Agronomique à Sciences et Avenir. Dont l’article souligne que « la polémique a en fait précédé en Espagne, où un "vin bleu" est apparu courant 2015, "Gïk", qui devait sa couleur bleue aux anthocyanes… mais aussi à des pigments d'indigotine (E132), dont la présence n'était pas explicitement indiquée sur l'étiquette. Au point que des supermarchés français, ayant importé le produit, ont dû finir par le retirer des rayons. »

 

La trouvaille d'Imanol, Iñigo, Gorka, Aritz et Taig, qui a nécessité deux ans de recherche et développement avec l'aide de chimistes, est l'une des nombreuses innovations qui fleurissent dans un monde encore très traditionnel.

Leur entreprise Gik Live!, fondée en 2015 et qui compte désormais douze salariés, a vendu 30.000 bouteilles dès la première année et près de 500.000 en 2017. Elle compte aujourd'hui des clients dans 21 pays, son premier marché étant les États-Unis, et son deuxième... la France, haut-lieu du vin. "Nous comprenons que pour beaucoup de gens, le vin, c'est quelque chose avec lequel on ne joue pas. Le vin, c'est sacré", raconte l'un des fondateurs de cette start-up, Taig Mac Carthy, mi-Irlandais, mi-Basque, au bar du siège de l'entreprise, à Portugalete, près de Bilbao. "Mais nous, on aime changer les choses et on n'a pas peur d'essayer", dit-il, alors que dans la pièce d'à côté, où trônent une batterie et des guitares, des employés pianotent sur leur ordinateurs.

Pigments et édulcorants

Rien que la vue d'un verre de vin bleu pourrait suffire à faire hurler beaucoup de sommeliers. Il est pourtant fabriqué dans plusieurs propriétés espagnoles en suivant peu ou prou les mêmes étapes que le vin "classique". La recette? Mélanger beaucoup de vin blanc avec un peu de vin rouge et du moût, cette mixture obtenue par pressage des raisins et pas encore fermentée. Puis, pour obtenir une coloration bleu électrique, ajouter des anthocyanes, des pigments bleus que l'on trouve dans la peau des raisins rouges, et du carmin d'indigo, un colorant bleu naturel extrait de l'indigotier.

L'entreprise n'en dit pas plus au nom du "secret industriel", précisant juste que la fabrication combine "nature et technologie". Elle utilisait auparavant des édulcorants mais les a remplacés par du vin liquoreux pour conserver le goût sucré du produit. D'autres producteurs s'y sont mis en Espagne. Même du cava bleu, ce vin pétillant typiquement espagnol, est arrivé sur le marché. Quant aux jeunes entrepreneurs de Gik Live!, ils ont décidé d'innover encore, avec du vin au thé ou un vin rouge épicé baptisé "Bastarde". Une bouteille coûte en général 11 à 13 euros en ligne, et la clientèle est surtout âgée de 25 à 45 ans.

Des jeunes à conquérir

Du côté des consommateurs, les réactions sont mitigées :  

Jean-Michel Deluc, ancien sommelier du Ritz à Paris, trouve le vin bleu "surprenant". "C'est pas mon goût, je dois l'admettre, mais c'est pas mauvais quand même, c'est plutôt bien fait", dit-il dans une vidéo postée sur le blog Le Petit Ballon, consacré à l'actualité du vin. Mais en août, le critique du journal britannique Daily Telegraph l'a qualifié de "gadget. (...) Très doux. Trop doux".

Pour Rafael del Rey, directeur général de l'Observatoire espagnol du marché du vin, ce vin bleu bouscule un secteur "conservateur, avec des consommateurs conservateurs et des producteurs conservateurs". Le vin en général séduit moins "les jeunes et les femmes" et moins les gens urbains, souligne-t-il. Ces derniers ont un "mode de vie différent en termes d'horaires, moins de temps pour les repas, ont besoin de produits plus légers, allant vers des saveurs un peu plus sucrées. (...) Beaucoup d'entre eux n'ont pas trouvé un vin qui les attire", poursuit-il. Ce qui a permis l'émergence de produits comme le vin bleu, ou, dans une autre veine, du vin peu alcoolisé.

En Europe, la société a dû étiqueter son Gik Blue comme "boisson alcoolisée" car les autorités ont exclu de le nommer "vin". "Nous le considérons comme une nouvelle catégorie", explique Aritz Lopez, cofondateur de Gik Live!, au milieu des vignes de la propriété viticole qui fabrique ce vin bleu dans la province de Saragosse, au nord-est de Madrid. Par peur des critiques, le vigneron, qui produit aussi du vin traditionnel, refuse que le nom de son domaine et celui de son village ne soient révélés. "Nous savions depuis le début que le Gik Blue serait un produit qui polariserait beaucoup les opinions", reconnaît Aritz Lopez.

Pour autant, l'entreprise s'attend à faire 1,5 million d'euros de chiffre d'affaires cette année, un résultat très honorable pour une société lancée il y a trois ans à peine. La rançon du succès? Taig Mac Carthy raconte avoir trouvé, dans une boutique espagnole, des contrefaçons du Gik Blue... fabriquées en Chine.

Avec AFP

 

Mise à jour du 10 août

 

Suite au communiqué d'InterMed, Méditerravin a changé l'étiquette de son produit : adieu le « vin bleu de Méditerranée », bienvenue au « chardonnay méditerranéen ». Ce qui résout le problème d'utilisation de l'IG Méditerranée, ainsi que la revendication du terme vin, qui pose problème d'un point de vue juridique.