Le jardin secret de Caroline Frey est dans le Valais 

Caroline Frey est l’œnologue et la directrice des vignobles de sa famille, à l’exception de ceux de Champagne. Elle a la charge de Château La-Lagune, cru classé du Haut-Médoc ; du domaine Paul Jaboulet Aîné (Rhône nord) et du château Corton C (ex-Corton-André) en Bourgogne. Elle passe sa vie en voiture dans une sorte de rallye triangulaire et éternel et voilà qu’elle s’investit dans une nouvelle aventure dans cette région suisse que les Français appellent le « petit Rhône » et les Suisses, le « Rhône supérieur » (rires).
Elle a signé ce matin chez le notaire et cet après-midi, elle était dans ses nouvelles vignes pour « faire une 500 ». Comprendre que son nouveau vignoble est mené en bio-dynamie à partir de maintenant, une 500 est un préparat dynamisé.
Bravo, mais c’est dans le droit fil de ce qu’elle a entrepris à La Lagune, chez Jaboulet et, j’imagine sans tarder, à Corton C. De ses montagnes, elle m’a adressé par sms la photo de sa parcelle :




Interview par téléphone. Allo ?

Vous venez d’acheter un domaine dans le Valais ? 
Un domaine, non. Juste une parcelle bien placée sur le coteau de granit à Fully, parfait pour la Petite-Arvine. Depuis que je travaille sur la colline de l’Hermitage, j’ai du goût pour le granit. Cette histoire de Valais, je l’ai dans la tête depuis longtemps, depuis que j’ai commencé dans le vin, depuis mon stage de fin d’études chez Denis Dubourdieu, en 2002. Il s’agit de 2 000 m2, pas plus, mais je les ai cherché longtemps.
La Petite-Arvine, c’est un cépage blanc, n’est-ce pas ? 
Oui, c’est du blanc qui marche bien en sec et qui fait de belles vendanges tardives. Cette parcelle ne produit pas encore de Petite-Arvine, ce sont des Pinots, des Chasselas et des Sylvaners que je vais sur-greffer cette année. Le but est de ne produire que de la Petite-Arvine en vendanges tardives.
Vous allez rester avec vos quatre ouvrées comme on dit en Bourgogne ? 
Oui, c’est mon jardin. L’idée est que je puisse m’en occuper entièrement, je tiens à tout faire d’un bout à l’autre du cycle, de la taille aux vendanges et aux vinifications, bien sûr.


Un nouveau vignoble Frey ? 
Non, un vignoble Caroline Frey.


Il y a une maison et un chai ? 
Non, juste les vignes. Mon voisin m’hébergera dans sa cave pour les premières vinifications. Je reçois beaucoup de soutien des autres vignerons qui semblent contents de me voir parmi eux. C’est un beau terroir avec des gens qui travaillent bien.
Ça fait combien de bouteilles, 2 000 m2 ? 
Sûrement pas beaucoup, surtout en vendanges tardives. Le vigneron à qui j’ai acheté envoyait ses raisins à la cave coopérative du coin et n’a pas su me dire ce que cela représentait en nombre de bouteilles.


Combien coûte ce type de vignoble ? 
Cette vigne m’a coûté entre 10 et 15 francs suisses du mètre carré selon l’endroit. J’ai encore beaucoup de travail en termes d’aménagement du terrain, il faut refaire les accès ou décider de faire de l’alpinisme.
C’est un retour aux sources dans votre histoire de dix ans avec Denis Dubourdieu. Il a été votre professeur, votre président d’université, votre maître de stage, votre consultant à La-Lagune, puis chez Jaboulet. Maintenant, vous vous mettez à votre tour aux liquoreux ? 
Exactement. J’en parle beaucoup avec lui, je sais à quel point il aime ce cépage, j’espère pouvoir le faire venir bientôt

D'après le blog bonvivant

La Petite Arvine est un cépage local blanc du  Valais. Il permet de réaliser des vins secs ou liquoreux quand il est atteint par le Botrytis.

La plus célèbre vignerone locale est Marie Thérèse Chappaz. Dans des dégustations à l'aveugle, elle bat Yquem.