Quatre parcelles de vigne se trouvent autour du groupe scolaire de Villeneuve-de-Blaye. Celles traitées ce 5 mai se trouvent à l'Ouest (en conventionnel, Éperon Pépite et Pepper) et à l'Est (en bio, héliocuivre et souffre). Archives Vitisphere
Quatre parcelles de vigne se trouvent autour du groupe scolaire de Villeneuve-de-Blaye. Celles traitées ce 5 mai se trouvent à l'Ouest (en conventionnel, Éperon Pépite et Pepper) et à l'Est (en bio, héliocuivre et souffre). - crédit photo : Archives Vitisphere
 

Mis en examen pour « utilisation inappropriée de produit phytopharmaceutique », les châteaux de Barbe et Castel la Rose bénéficient d’un non-lieu « faute de charge ». Comme le conclut dans son ordonnance du 4 septembre le juge d'instruction du Tribunal de Grande Instance de Libourne. En dix pages, le dossier d’instruction estime que l’intoxication des vingt-trois écoliers et de leur institutrice de l’école élémentaire de Villeneuve-de-Blaye ne peut, en l’état, être reliée aux traitements phytosanitaires réalisés le 5 mai 2014.


Deux châteaux mis en examen pour l’intoxication de l’école de Villeneuve-de-Blaye

« Si la chronologie des faits ainsi que l’ensemble de ces éléments permettent de soupçonner que ces malaises ont été causés par un entraînement des produits hors des parcelles traitées, force est de constater qu’aucun élément objectif ne permet de l’assurer » conclut l’ordonnance. Le juge d’instruction ajoutant que « si les symptômes ressentis présentent des similitudes avec les risques liés à l'usage de ces produits épandus, ces symptômes ne relèvent pas une adéquation parfaite et n'excluent pas que leur cause puisse résider dans un autre événement ».

"Épandages litigieux"

Ces conclusions valident les témoignages des deux propriétés viticoles ayant traité les parcelles voisines, qui rapportent des traitements réalisés durant la présence des élèves en classe et des vents peu importants, donc inférieurs à la limite légale de 19 km/h. « Force est de constater qu’aucun relevé spécifique à cette commune n’existe » souligne le juge d’instruction. Ajoutant que « si la localisation ainsi que l’orientation et l’intensité du vent permettent de soupçonner que des vents de plus de 19 km/h ont soufflé sur le lieu des faits lors des épandages litigieux, force est de constater que cette preuve n’est pas formellement établie ».

Cette prudence irrite logiquement les associations anti-phytos, qui ont immédiatement réagi à cette ordonnance. « Il serait sûrement très pertinent de demander désormais aux directeurs-trices d'écoles d'investir dans des anémomètres placés dans les cours pour qu'un jour cet article 2 de l'arrêté du 12 septembre 2006 (devenu celui du 4 mai 2017) puisse se voir appliquer » raille dans un communiqué l’association Générations Futures. S’étant portée partie civile, le collectif citoyen annonce sa volonté de poser un recours devant la chambre d'instruction de la Cour d'Appel de Bordeaux.

Zones sensibles

Particulièrement médiatisé, ce dossier est hautement symbolique. Pour le vignoble, l’affaire de Villeneuve-de-Blaye a marqué une phase de prise de conscience et d'évolution des pratiques. D’autant plus que des arrêtés préfectoraux définissent désormais les lieux sensibles et points d’eau à prendre en compte lors des traitements. Que ce soit en termes d’horaires ou de distances, dans la continuité du nouvel arrêté phyto.

d'après Vitisphere.