Deux propriétés médocaines, rachetées en 2014 par le fonds d’investissement chinois Liaoning Energy Investment, subissent depuis plusieurs mois une lente descente aux Enfers. Personnel livré à lui-même, vignes abandonnées, vin négligé… La belle aventure vire au cauchemar.

C’est une bien triste histoire que rapportent Sud-Ouest  : au cœur du Médoc, entre Margaux et Avensan, se joue en silence la lente déliquescence de deux propriétés viticoles passées sous pavillon chinois en 2014. Le château des Quatre Vents (Margaux, 7 hectares) et le château Bonneau (Haut-Médoc, 21 hectares), vendues il y a trois ans par le belge Luc Thienpont au fonds d’investissement chinois Liaoning Energy Investment (LEC), connaissent depuis plusieurs mois un abandon progressif et dramatique.

Sous couvert d’anonymat, les membres du personnel racontent l’absence totale de management et le jeu de chaises musicales erratique à la tête des propriétés, les salaires versés plusieurs mois en retard, les bulletins erronés, les vignes où les herbes folles dépassent le sommet des ceps, les cuves où végète encore le millésime 2015, l’absence de matériel. Entre arrêts maladies et démotivation totale, les employés des deux propriétés ne savent plus à quel saint se vouer. Et du côté chinois, c’est le silence radio absolu. Une situation ubuesque et cruelle, face à laquelle l’ancien propriétaire lui-même reconnaît son total désarroi : « Je ne pensais pas que c’était à ce point. Mais quel gâchis ! »

Source Julien Lestage pour Sud-Ouest