La Bourgogne se targue de posséder les deux plus petites A.O.P monopole de France :

- La Romanée pour 2 ouvrées (Cette ancienne mesure agraire correspond à la surface de vigne qu'un vigneron pouvait bêcher pendant une journée de travail) soit 4,28 ares ou 425 m2  qui produit 52 hl/ha et appartient à la famille Ligier Belair.

- La Romanée Conti pour 1ha 80 ares 52 centiares qui produit 27 hl /ha en moyenne soit six mille bouteilles les bonnes années, et appartient de nos jours à deux familles les Leroy et les De Villaine. Il n'y eut que sept propriétaires depuis l'origine: famille Duvault-Blochet depuis 1869 , banquier Ouvrard, Nicolas Deferrre, prince de Conti de 1760 à 1793, famille Cronenbourg, abbaye de Saint Vincent et enfin abbaye de Citeaux à l'origine. Ce fut le dernier clos en Bourgogne à résister au phylloxera, mais, pendant la seconde guerre mondiale, le manque de sulfure de carbone entraîna la destruction des ceps. En 1945, on ne produisit que 600 cols. Il fût donc procédé à l'arrachage et à la replantassion. De 1946 à 1951, il n'y eut donc aucune production de Romanée Conti.

Pour ceux qui s'intéressent à la généalogie :

Jacques-Marie Duvault (1789-1874) épouse Sophie Blochet en 1817. ses filles Claudine-Constance Massin et Henriette Dupuis en héritent. Devenue veuve en 1883, Claudine-Constance cède ses parts à sa fille Gabrielle Chambon qui les cède à sa tante Henriette Dupuis en 1885. Au décès d'Henriette en1887, la vigne passe à sa soeur et à ses nièces. Elle devient ensuite la propriété de deux  descendants : Jacques Chambon (1889-1969) et sa soeur Marie-Dominique Gaudin de Villaine née Chambon (1883-1915), enfants de Gabrielle Chambon (1857-1903) et arrière-petits-enfants de Jacques-Marie Duvault-Blochet. La famille Gaudin de Villaine demeure aujourd'hui propriétaire de la moitié de la Société Civile du Domaine de la Romanée-Conti : Edmond (1881-1950), Henri (1909-1998), Aubert, représentent les familles descendantes et cohéritières. Elles sont constituées aujourd'hui des enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants d'Henri, mari d'Hélène Zinoviev, et de son frère Jean (1910-1975), mari de Simone-Marie de France. En 1942 Jacques Chambon cède ses parts à Henri Leroy (1894-1980), qui les transmet lui-même à ses filles Pauline Roch (1929-2009) et Marcelle (Lalou) Bize. La première a trois enfants, Charles (1957-1992), Isabelle et Henry-Frédéric ; la seconde une fille, Perrine Fenal. Sous le contrôle d'un conseil de surveillance (un représentant de chaque famille : Henri de Villaine et Pauline Roch durant les années 1990-2000, aujourd'hui Henri de Villaine et Perrine Fenal), le Domaine est dirigé par deux associés-gérants : Aubert de Villaine et Lalou Bize-Leroy, de 1974 à 1991, puis Aubert de Villaine et Charles Roch, remplacé à son décès en 1992 par Henry-Frédéric Roch Deux mois après le décès de ce dernier en novembre 2018, le domaine de la Romanée Conti a une nouvelle co-gérante au côté d'Aubert de Villaine. Il s'agit de Perrine Fenal, la fille de Lalou Bize-Leroy, elle même co-gérante débarquée il y a une trentaine d'année suite à ses malversations américaines.

Perrine Fenal avait été nommée membre du conseil de surveillance du domaine de la Romanée Conti en 2004, à la suite de sa tante Pauline Roch. "C’est Isabelle Roch, la fille de Pauline et la soeur d’Henry-Frédéric Roch, qui reprend aujourd’hui cette fonction", précise le domaine bourguignon.

Il ne faut pas oublier que si aujourd'hui les vins du domaine atteignent des sommets, ce n'était pas le cas au XIXe et début du XXe siècle. Le grand père de Aubert de Villaine n'arrivait pas à en vivre. C'est ses bois et terres agricoles en Auvergne  qui le nourissait.

 

Contactez l'auteur
 

reproduction interdite © stackanovins 2019